Elephant Vert, escales et rencontres

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Anses d'Arlet

02:37, 26/03/2008 .. 2 commentaires .. Lien


Dernière escale avant de quitter la Martinique: les Anses d'Arlet, ou la vie tout doux- doudou...

 

 

Nous quittons le Marin. Le temps est beau avec un petit vent de 15 noeuds fort agréable. Pour la première fois, nous hissons notre nouvelle grand- voile. Nous voyons sur la mer argent la silhouette du rocher du Diamant.

 

 

Nous mouillons dans la belle baie de Grande Anse d'Arlet. Trois ans que nous n'y sommes pas venus. Je vais redécouvrir l'ambiance si antillaise du lieu.

 

 

Une petite « mamie », dans la rue du village, habillée d'une robe de madras, la tête coiffé d'un chapeau de paille, marche bras dessus- bras dessous avec ses deux petites filles agées de 16 et 17 ans.

  • Mais Mamie, à qui veux- tu que l'on dise bonjour à Paris?

En effet, la vieille dame ne sait pas qu'il y a des endroits comme son village où l'on se dit bonjour, même si on ne se connaît pas.

 

 

Le village de pêcheurs, Grande Anse. Une seule rue, tranquille. Des pêcheurs nettoient quelques poissons sur la plage. Les enfants piaillent en courant. Les vieilles femmes assises sur des chaises discutent en créole.

L'ombre des cocotiers est douce, la mer tendre, l'air chaud, la mer encore, si belle. Silence et beauté. Instant fragile.

     

 

 


Le Morne Champagne veille sur la baie. Le petit sentier qui le traverse unit les deux villages, celui de Grande Anse, et celui du Bourg. Le Bourg, c'est là où il y a l'église, la mairie, l'école, le collège.

 

 


La balade dans le morne dure 1 heure ou plus, suivant son humeur, la chaleur, ou l'envie de regarder autour de soi. La savane cottoie un petit plan d'eau. Les goyaviers nous régalent de leurs fruits. Parfois, on voit la mer, à travers les grands arbres. Les gommiers aux troncs rouges, et les fromagers qui étirent leurs branches. Un vent tiède nous rafraîchit dans la forêt sèche. Ca sent bon, odeurs chaudes et lourdes.

          

 

 

« Les lignes contiennent mal le désordre,

l'église fixe le ciel et déroule une hostie jusqu'aux lèvres de la mer.

Les bourgs recueillaient les sucres d'habitations

pour les offrir aux bateaux à grandes ailes.

Le bourg regarde toujours la mer, il attend le bateau,

et l'église lui assure comme une bénédiction »

Patrick Chamoiseau, La Martinique vue du ciel, HC éditions.

 

 

Le clocher de l'église regarde loin devant lui, jusqu'aux amériques.

Les pêcheurs vendent leur pêche et José vend ses fruits et légumes. Sous les carbets, ça discute dur. Nous sommes en pèriode des élections municipales.

 

 

Le soleil est de plus en plus chaud. En passant devant chez Béatrice, celle- ci nous dira que ce n'est pas encore tout-à-fait la saison des « balaous ». Poissons excellents surtout préparés par Béatrice! On se rend chez Pierre pour dêjeuner entre amis. La terrasse est arrosée par un doux alizé, les palmiers multipliants font une haie sérrée. Les fleurs étincellent au soleil et les petits oiseaux- colibris font du sur- place.

C'est un dimanche aux Antilles, sur une petite île si loin de la métropole.

 

A très bientôt pour de nouvelles histoires, mais nous préparons le prochain grand voyage, et je suis moins assidue! Mais je vous le promets, je reviens vous voir très vite.

 


Publié à 02:37, le 26/03/2008, Martinique
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D'île en île, les Antilles du nord.

02:21, 21/02/2008 .. 0 commentaires .. Lien

D'île en île, les Antilles du nord.


 


Saint Martin, Saint Barthélémy, et plus...

Nous sommes rentrés dans le lagon, car comme toujours, le mouillage de Simpson Bay est très rouleur, même par temps calme. Et nous avons retrouvé Saint- Martin, le centre très mignon de la petite ville de Marigot, coté français. Nous avons retrouvé l'ambiance que l'on peut ressentir, parfois, souvent, sur cette île. Ce matin tôt, un jeune type au teint blafard et gris, est affalé sur une chaise à la terrasse d'un bar minable. Il venait de se faire casser la figure. Son tee- shirt est plein de sang. Plus loin, un jeune drogué, ou craqué... C'est triste, le matin tôt. Au bout de la rue, nous rencontrons un enterrement Haïtien. Les femmes sont habillées en blanc, les hommes en noir. En trois rangées, ces femmes et ces hommes suivent en silence le corbillard.

Dans les rues principales de Marigot, les marques de luxe s'affichent: un grand mur blanc crépi à l'enseigne « Hermès », sert de grattoir aux dos d'un troupeau de chèvres... Les ponts s'ouvrent du lagon vers la mer.


Bientôt, vers midi, les bistrots autour du port, vont se remplir de gens branchés, de touristes, de gens « qui cherchent », qui « vendent ». Les garçons de café rabattent la clientèle potentielle en ventant les menus du jour.

Les pays se mélangent, les consonnances de langues différentes s'entendent: créole, latino, français, hollandais, américain.

Trois gros avions viennent de décoller. Des grands yatchs luxueux se mettent à quai. Le soleil brille, l'alizé se lève. Au loin, la mer est bleue.

 

 

 

Il est bientôt midi. L'île Fourche, minérale, est par notre travers. Les rochers sont ocres et gris. Un peu plus loin, Saint Barthélémy, apparaît, brumeuse et escarpée. Il fait très beau, il y a peu de vent. Dans le bateau, ça sent bon le pain qui cuit. Sur le coté tribord, j'aperçois les silhouettes lointaines de Saba, Saint Kitts et Statia. Quels drôles de noms!

 

Les bars de la « ville » principale, Gustavia, s'appèllent « Le Sélect » ou « Le bar de l'oubli ». Les tables sont décorées de candélabres géants et baroques. Les chaises ont des inclusions de plumes roses. J'ai vu une petite librairie- journaux- salon de lecture. J'ai entendu quelques notes de piano, dans une case toute de guinguoi, en bardeaux de bois, enfouillie dans la végétation tropicale.

 

 

Nos guides- copains, Jaqueline et Ferdi, nous attendent à terre. On leur a prêté une voiture, et nous allons déambuler dans toute l'île. Les routes sont étroites, bordées d'adorables murets de pierres. Les paysages sont propres, fleuris, sauvages, coté au vent. J'ai adoré la maison toute en bois du danseur Nouréev, plantée sur un pic rocheux, dans la lande presque irlandaise.

 

 

 

 

Les petites plages sont de formes parfaites. L'eau est bleue, bien sûr, et transparente. Partout, les bistrots sont sympas et souvent les pris sont abordables pour cet île riche.


Le gros problème de Saint Barth, c'est que le mouillage est terriblement rouleur. Le lendemain, fatigués de rouler bord sur bord, nous sommes rentrés dans le petit port de Gustavia. Hors saison, les prix ne nous assoment pas. Nous avons pu continuer la visite complète de Gustavia sans inquiétude pour le bateau. Nous avons visité le musée de la ville, la station météo, malheureusement fermée ce jour- là. Le chemin qui nous y mène est vraiment adorable, et la vue, une fois là- haut, magnifique.


 

 

 

 

Nous avons quitté Saint Barth ce matin à 6h. Le Nord est très gris avec des orages. Nous avons un peu de vent entre St Kitts et Statia. A la fin de la journée, nous voici au nord de Nevis. Nous avons mouillé devant une belle plage aux cocotiers dorés par le coucher de soleil.

Nous passons le sud de Névis, puis le rocher de Redonda. Ensuite, nous passons sous le vent de Montserrat. Le volcan, La Soufrière, est en activité depuis 1997. Il est toujours vivant, bien vivant, puisque en 1997 il a envaahit de ses cendres brûlante tout le sud de l'île, et détruit la capitale de l'île, Plymouth. Il y a quelques années, nous sommes passés au vent de l'île. C'était la nuit, après un gros grain de pluie et de vent. Lorsque tout fût fini, nous sommes sortis, et avons vu le volcan cracher des cendres incandescentes. Des rivières de feux descendaient les flancs du volcan pour finir dans la mer. C'était fascinant et angoissant. Nous étions tellement pris par un tel événement que nous n'avons pris ni photos ni films! Juste regarder. Cette fois, sous le vent, tout est gris, triste et solitaire. Pas de pêcheurs sur la mer, rien ne bouge sur l'île ni dans la capitale enterrée. Le volcan fume encore. Ca sent le soufre, l'oeuf pourri.

 

 

 

Nous sommes à 9milles nautiques de Deshaie, tout au nord de la Guadeloupe. La lumière est forte et banche. Un bel orage nous est passé tout à coté. Des éclairs dans un ciel d'encre.

 

 

 

Il fait chaud et humide. Le paysage dégouline de verdure. Des nuages très noirs rasent les mornes ronds. Les fous de Bassan et les pélicans plongent dans l'eau. Ca grouille de gros et petits poissons. Attraperont? Attraperont pas? Quelle vie! Des têtes et des dos de tortues apparaissent pour disparaître très vite. Les cloches de la petite église sonnent des heures, et plus encore.

Les cases sont de toutes les couleurs. Et du vert, du vert partout. Le matin, le chant du coq remplace celui des grenouilles le soir. Des papillons aux belles couleurs volettent dans tous les sens. Tout ça, ça se passe à Deshaie, petit village ravissant.

 


 

 

 

Nous faisons de belles marche dans la forêt. Les fleurs des Héliconias très hauts tombent sur leurs tiges, les arbres sont hauts, si hauts. De gros manguiers croulent sous les fruits. A travers les arbres, le soleil tape très fort. Les colibris butinent ici etlà, et nous laissent voir le nacré de leurs plumes. Nous passons près du jardin botanique, ex- propriété de Coluche.

 

 

 

Après quelques jours agréables passés en Guadeloupe, nous reprenons la route. Ce matin, le vent et la mer sont nerveux dans le canal des Saintes. Nous allons d'une traite jusqu'en Martinique. Le temps se couvre sur les grandes montagnes de l'île de la Dominique.

 

Ce soir, nous sommes mouillés devant la ville historique de St Pierre, en Martinique. La Montagne Pelée est majestueuse. Les champs de cannes ondulent doucement au vent.


Je vous retrouve très bientôt. Le départ de Martinique approche. Nous préparons le prochain grand voyage, et il y a beaucoup de travail. Bien sûr, je vous raconterai tout. Mais j'ai encore d'autres histoires dans mes carnets. A très vite!

 

 

 


Publié à 02:21, le 21/02/2008, Guadeloupe
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Ma galerie d'art virtuelle.

08:32, 27/01/2008 .. Publié dans Ma galerie virtuelle .. 0 commentaires .. Lien

Dessiner, peindre, animer, illustrer, pétrir la terre, sculpter le bois... Il y a des artistes qui font cela très bien. Je les connais, j'aime ce qu'ils font. J'ai envie de vous les faire découvrir. Régalez vos yeux en visitant leurs sites.

Louloune

J.B Andreae

Mamzelle Lucrèce

Les céramiques de Nadia Céceille en photos.

 

 

Les sculptures de Marie- JO en photo.

 

Elle navigue, elle aime dessiner. Comme support, elle a choisi la calebasse. Ce sont les calebasses de Dominique, du bateau Léona.

 

 

 

 

 

 

 


Publié à 08:32, le 27/01/2008 dans Ma galerie virtuelle, Martinique
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Les Roques, en pleine mer...

02:01, 18/01/2008 .. 0 commentaires .. Lien

 

Les Roques, archipel d'îles et îlots en pleine mer, au large du Venezuela.

Un camaïeu de bleus infini.

 

... J'aime bien voir les avions dans le ciel, la nuit. Elle est belle, la nuit. Vénus a brillé très fort. Elle est allée se coucher, et a laissé la place à Mars. Nous avons un compagnon de route, un voilier derrière nous. Je vois ses feux. Les conditions météo sont optimales pour faire la route.

...On est ce matin. Il est 9h, et nous entrons dans LE BLEU. Aigue marine- turquoise- opale. Des bleus de fête, des bleus de coloriages d'enfants, qui font même le ventre des mouettes bleu

 

 

 

Et puis, il ya des dédales de mangroves qui se terminent en eau, et plongent dans un vert doux et fragile. Très loin là- bas, après du bleu marine presque noir, l'écume blanche des vagues jaillit dans un bruit joyeux. Sur des fines langues de sable, des pêcheurs à la mouche, et oui, se parlent tranquillement. Les gros pélicans, bougons, nous disputent le droit de baignade.

Hors du temps. Sable- eau- marécages perdus sur l'océan.

 


 

 

 

Grande Roque, village au pied des grands rochers gris. Le phare, tout là- haut. Village fait de ruelles de sable, de maisons multicolores, de plantes grasses, de palmiers. Plus loin, la piste d'envol du mini aéroport, où les petits avions attendent de s'envoler vers Caracas.

 

 

 

 

 

Les noms des îles chantent et craquent: Noronsqui, Crasqui, Sarqui, Béquévé... Et l'eau qui file, si bleue et soudain un vol de flamans roses.Pffffffff...L'alizée est une caresse.

Nous sommes montés jusqu'en haut du phare. Les salines roses s'étendent à nos pieds, à coté du petit cimetière.

 

 

 

 

 

Je me balade seule sur une petite île dont j'ai perdu le nom. Je ramasse des coquillages...

... IL est bientôt 22h. Ca souffle et il y a de la mer. Nous repartons du paradis bleu. Nous sommes devant « La Orchilla », l'île de vacances de Hugo Chavez, el Présidente!... Loin de tout, en mer... Bonheur.

 

 

On se retrouve bientôt? Où? Je ne sais pas encore, mais vous verrez, ça sera une autre balade, une nouvelle découverte.

 

 

 



Publié à 02:01, le 18/01/2008, Los Roques Basin
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Bassin d'Arcachon: Un bond de 8000km...

08:20, 15/01/2008 .. 2 commentaires .. Lien


  Bassin d'Arcachon: En un immense bond de 8000Km, je vous emmène là où je suis née...

 

 

Au premier plan, les tamaris, arbre- roi, léger et robuste. En arrière plan, la dune du Pyla, haute et glissante, couleur de lune...

 

 

Quand je vous dis qu'elles sont infinies, les plages de l'océan...


Je suis née quelque part, et ce quelque part se trouve dans le sud- ouest de la France. Au bord de l'Atlantique. C'est un pays double, où, d'un coté l'océan est fou et sauvage. De l'autre coté, le Bassin d'Aracachon, paisible et habité. Dans tous les cas, c'est un pays de sable, d'eau, de pins. C'est un pays éphémère. C'est un pays « surchargé » l'été, où l'on prononce « le Cap- Ferrêt ». L'hiver, tout rentre dans l'ordre, on dit « le Cap- Ferret »!

Lorsque j'y reviens, j'ai des odeurs d'iode, de vase, de résine, d'immortelles plein le nez. Dans les oreilles, le bruit puissant des vagues de l'océan.Dans la tête, des souvenirs d'enfance, de vie.

J'ai l'habitude de ce pays, parce que je le reconnais sans ouvrir les yeux. Ca doit être ça, « être née quelque part ».

 

 

La nature est une artiste. Elle dessine sur le sable tout ce qu'il y a de plus éphémère, dessins effacés à la prochaine marée...

 

 

La pinasse, le fameux bateau du Bassin. Autrefois pour travailler, maintenant pour se balader.

 

 


 

 

Mhmmmm... Les huîtres, que c'est bon!

 

 

 

Il est tellement paisible ce pays, quand on le laisse tranquille...

 

 

 

 

La pêche, travail difficile, quand il y a le froid, le mauvais temps...Mais le soleil revient, et les pêcheurs sont heureux sur la mer.

 

 

 

 

Ma soeur et Le Chien des Familles, son chien...

 

 

Les maisons cachent leurs secrets d'été derrière les grands pins...

 

 


Ce jour là, le soleil tapait fort. L'air vibrait de chaleur. Ca sentait l'huitre, la chaux. Les pins craquaient. Le temps s'était arrêté...

 

 

 

... et je marchais jusqu'au bout de mes rêves, toujours derrière d'autres océans...

 

 

 

... Je laissais derrière moi le temps suspendu, aux couleurs lilas et bleutées. Salut l'ami!

 

 

La prochaine fois, je vous emmène dans le bleu. Magnifique Archipel des Roques. A très vite...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


Publié à 08:20, le 15/01/2008, Arcachon
Mots clefs : capvertelephantarcachonferret

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Bons baisers de Martinique!

03:31, 31/12/2007 .. 0 commentaires .. Lien

Bons baisers de Martinique!

 

Au bout de 20 jours de mer, elle nous est apparue. Je m'en souviens, et pourtant il y a longtemps maintenant. Notre première vraie île tropicale. Je ne savais pas encore que les collines ici s'appelaient « mornes », que les arbres que je verrai seraient verts toute l'année. La mer bleue, et le soleil si chaud. Ce fût une belle histoire entre nous, pendant 14 ans. Avant de la quitter, je voulais vous la montrer. Je commence par les paysages de cette île si variée. Plus tard, je vous emmènerai au détour de « mes » jardins et de « mes maisons ».

 

1902, le volcan. La voilà, la Montagne Pelée.

 

 

 



Le matin vers 6H., je marchais tout le long de cette plage merveilleuse. Tout était calme, le village commencait à s'eveiller. Les coqs chantaient depuis longtemps déjà.

 

 

 

... et le pêcheur réparait ses filets. Douceur d'un moment...

 

 

Le légendaire cinéma « l'Atlas », dans le petit village des Anses d 'Arlet, qui a eu les honneurs de la presse nationale. Quatre vingt onze fauteuils en velour rouge. A l'entrée, Monsieur Athanase, projectionniste, nous remercie d'être venu, nous offre des bonbons... et nous raconte presque toujours le film! C'est un peu « La fiancée du Pirate ».

 

 

Depuis le Morne Acca, tout en bas- tout en bas, la grande baie du Marin, au sud de l'île.

 

 

Belles yoles de retour de la pêche. Demain, demain, elles iront « à miquelon »...

 

 


Je n'ai jamais vu de combats de coqs, et je n'en verrai jamais!! Mais voilà l'arène... On attend les coqs et les parieurs.

 

 

La forêt tropicale est exubérante et forte d'odeurs et de bruits. Je me souviendrai surtout du grincement des troncs des grands bambous lorsqu'ils frottent les uns contre les autres.

 

 

Petite case comme on en voit de moins en moins dans les villages de l'île. Et c'est dommage, elles devraient faire partie du patrimoine, de la mémoire.

 

 


Derrière les troncs droits des cocotiers, les Pitons du Carbet, bien dégagés, dans le nord de l'île.

 

 

Départ d'un tour de la Martinique des « yoles rondes », où l'île penche du coté où il y a un départ. Toute la Martinique est là. C'est fantastique

 

 

Souvent la petite route du Diamant est dans le vent et les grains. Toujours belle.

 

 


Noms magiques des yoles...

 

« ... deux barques bleues sont arrêtées. L'éclat du ciel est très fort. Il brouille la lumière, la ligne d'horizon et nous vole les îles. » Michel Cournot,

"MARTINIQUE"

 

 

 

 


Publié à 03:31, le 31/12/2007, Martinique
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En Martinique, le Père- Noël est un cascadeur...

04:03, 24/12/2007 .. 1 commentaires .. Lien

En Martinique, le Père- Noël escalade les balcons!

A tous, je vous souhaite de bonnes fêtes.

Que la nouvelle année soit faite de soleil, d'espoir, de bien- être et de générosité

 

 

 


Publié à 04:03, le 24/12/2007, Martinique
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Au Venezela, Higuerote/Carénéro

09:05, 11/12/2007 .. 3 commentaires .. Lien


Au Venezuela, le chemin de vagues pour aller à Carénéro- Higuerote...


Des vagues et du vent, voilà ce que je peux dire, là, sur le moment. Des vagues de tous les cotés, dans tous les sens. Un vent assez « musclé », constant en force, 25 à 30 noeuds, et en direction.

 

Ou la la, il faut que j'aille caler je ne sais quoi, je ne sais où, dans le bateau.Ca fait du bruit, quelque chose se balade! Le ciel est dégagé, heureusement. En VHF, nous appelons nos copains de Taille la Zone. « Mmmmoui, ça va, ça va, mais franchement, ça pourrait aller mieux », nous dit Marie- Jo. La nuit arrive, et avec elle, un cortège de nuages. Les éclairs d'orage commencent à nous faire le grand cinéma. Nous n'entendons pas le bruit du tonnerre.

Tant mieux, ça veut dire qu'il est très loin. Bernard nous appelle. Il a pris la météo, et on annonce une grosse masse nuageuse bien compacte, qui vient sur nous. Le vent est toujours aussi fort, et les vagues ont l'air de vouloir batifoler, et de jouer à la plus haute. « Taille la Zone » et son équipage, vers 10 h le soir, préfèrent aller vers Carénéro s'abrîter. Ils pensent y être dans 2 ou 3 heures. Nous, nous allons moins vite, et nous préférons continuer la route jusqu'à Margarita, où nous serons en principe, le lendemain soir. « Bon, d'accord les copains, nous dit Bernard. Bonne route et soyez prudents. On se parlera demain matin en radio.». Et voilà. Taille la Zone et l'Eléphant Vert se quittent, après de sacrés bons moments passés ensemble à tirer des bords, ramasser des coquillages, refaire le monde sous les étoiles, rencontrer d'autres copains. Salut le chien Réglisse.

Je suis de veille. Les gros nuages me cachent les étoiles et la lune, presque pleine. . Alors, je descends et me fais un café. Je suis saoulée de vent, d'air salé, de nuit, de bruits.Tout de même, ça fait un drôle d'effet d'avancer comme ça, grâce au vent, juste parcequ'il souffle dans nos voiles, et nous fait avancer, tout droit, tous seuls dans la nuit compacte, juste éclairés cette nuit, par la grosse lune blanche.

Il y a des matins où l'on aimerait que le jour ne se lève pas. Une grosse barre noire nous vient droit dessus. La mer est grise avec de méchantes crêtes blanches. Le vent monte d'un cran, et encore d'un cran, jusqu'à souffler les 35 noeuds. Un amas de flotte, d'éclairs accompagnés de bons coups de tonnerre. On ne voit plus la mer se détacher du ciel. Bon, alors on fait quoi? Si nous tirons un bord vers l'île de Tortuga, au large, nous emmenons derrière nous cet amas de sale temps. Si nous tirons un bord vers Carénéro, nous serons plus vite à l'abri, mais moins vite à Margarita, et moins vite sur la route du retour... Et bien, ras- le- bol de se faire doucher, de se faire chahuter depuis hier après- midi, alors, vous avez deviné, nous allons sur Carénéro. Nous y serons vers midi. Et nous irons voir les ibis rouges. Et nous retrouverons nos copains.

Nous passons le grand rocher de « La sentinelle ».Un vrai cap aux rochers en pattes d'élephant. Ca tombe bien! Un espèce de sale clapot désagréable nous arrive juste en face, contré par la houle du vent du coté babord. Mais la pluie a cessé, les orages aussi, et ils ne nous ont laissé que du gris, de l'humide. L'eau devient de plus en plus boueuse. Nous approchons de la côte, basse et verte. De grandes montagnes apparaissent dans la brume, loin derrière. La petite ville de Higuerote fait face au village de Carénéro.

« Tu vois les bouées? »

« Non, du tout, euh... oui, attends, le vieil hôtel, le ponton en bois... »

« Moi non plus, je ne les vois pas ces fichues bouées d'entrée du chenal »

Il y a sacrément longtemps que l'on n'a pas fait ce genre d'exercice. Aux Antilles, c'est rare!

« Bouées? »

« Non, non, ah, ouiiiiiiiiiiiiiiiii!! ouf- enfin

 

 

Nous entrons dans un chenal minuscule avec très peu d'eau sous la quille. Mais si on touche, ce n'est pas grave, ce n'est que de la vase. Nous dépassons les petites marinas, le chantier de carénage. Mieux vaut ne pas regarder de ce coté, c'est moche. L'autre coté est mieux: mangrove et encore de la mangrove, immense et mystèrieuse. Il fait très chaud, pas un souffle d'air. L'eau est jaune, le ciel couleur de fer blanc. Nous déambulons entourés de palétuviers et allons mouiller à coté de qui donc? Je vous laisse deviner, mais oui nos potes de Taille la Zone. Ainsi que deux autres bateaux français. Le soir, extinction des feux assez tôt. Nuit moite, humide, remplie de « floc », de « flac », de chuintements, de pluie fine, de bruits sourds d'un orage lointain.

 

SPLATCH!!!!! Ca, c'est le bruit d'un pélican qui plonge lourdement dans l'eau. Il est 6h du matin, je suis sur le pont. Le jour se lève sur la mangrove. Je devrai dire, se déchire, sur la mangrove. Le ciel s'entrouve, laisse passer un coup, du gris, un coup, de l'argent, puis un mince filet de bleu. Un arc- en- ciel troue de ce qui reste de l'aube. La brume stagne en haut des collines et assaisonne d'une légère pluie tout ce vert. Tout cela donne un contour flou et irréel au paysage. Les coqs chantent depuis longtemps. Le jacassement incessant des perroquets vrille mes tympans. Viennent derrière eux les dernières trainées de la nuit, grises et rosées. Parfois, des poissons sortent de l'eau pour y retomber avac nonchalance, en laissant de grands cercles ...

Et je les vois... Ils passent au- dessus de ma tête. Cous et pattes tendus. Rouges. Merveilleusement écarlates, sur le gris des nuages, sur le vert des palétuviers. Et je murmure doucement... « merci, vous êtes sublimes, je rêvais de vous voir. » Ibis. Ibis rouges. Ibisssssssss...

 

Après avoir regardé les ibis toute la matinée d'hier, ce matin nous partons redécouvrir la civilisation! Ca fait tout de même un mois que nous n'avons pas vu de voitures, de commerces dans une rue, enfin tout ce qui constitue la vie quotidienne de tout un chacun. Nous prenons un bus complètement kitch, qui passe à ce que j'appelle « Les 4 chemins », à la sortie du village. Ca fait très western. Deux « grandes » routes se coupent, car partout ailleurs, ce ne sont que des pistes poussiéreuses, bordées de mangroves. Il y a des gens qui vendent tout et presque rien, sous la bonne fraîcheur des grands arbres. Une petite bodéga, où l'on peut acheter bières et alcool, un bistrot, un restaurant sous une tonnelle agréable et bienvenue, car ici, sachez le, il fait chaud, très chaud, 35° et plus.Et un 35° « tropical »!

Le bus arrive enfin en « ville ». Higuerote, quel joli nom. La petite ville est à l'image de toutes les villes vénéuzueliennes: des rues commerçantes avec des magasins qui se suivent, et sur les trottoirs, des étals minuscules sérrés les uns contre les autres, de la musique, bien sur, forte, bien sur. Aprèsles rues s'en vont de- ci de- là, et finissent, à Higuerote, en cul- de-sac, en ruelles défoncées, soulignées de maison carrées, colorées ou lépreuses. Le vent souffle fort dans les rues ce matin.Il fait voler des papiers gras, des bouts de plastique, et fait rouler des canettes de bières ou de soda. Nous passons le pont qui enjambe une rivière marron. Les rives sont défoncées. Nous arrivons sur le bord de la plage. Le sable est marron, la mer aussi, et elle claque sur la plage sans interruption. Nous revenons dans le centre, où c'est tout de même plus gai. Un petit marché: bonheur, des tomates, des choux, des bananes, des mandarines, et tant de choses intéressantes et fraîches que nous n'avons plus depuis quelques jours à bord. Un mois et plus, que nous n'avons plus fait de courses! Et pour clore la fête, nous allons manger au restaurant des « 4 chemins ». Un beau morceau de viande chacun, entouré de frites bien dorées et le tout arrosé d'une bonne bière fraîche, pour l'équivalent d'un euro et demi! A l'ombre, au frais, en écoutant la musique ô combien latino, de Jorge Guerrero.

En cette fin d'après- midi, nous allons « traquer » l'ibis pour de vrai. Marie- Jo vient avec nous. Nous prenons notre annexe, sans oublier de quoi se rafraichir et grignoter. Nous avons envie d' observer les oiseaux jusqu'à la tombée de la nuit. Les appareils photos sont prêts pour Fred, les carnets et stylos, pour Jo et moi.

Le moteur de l'annexe ronronne doucement le long du grand canal. Nous passons sous un grand pont sous lequel le courant est assez fort. Et nous débouchons sur un immense et magnifique plan d'eau. Autour de nous, bien sur, la mangrove, sombre et mystèrieuse et humide. Les grandes racines des palétuviers ensorcellent nos esprits, et nous imaginons toute sorte de « zombis », de « quimboiseurs ». De sorciers, si vous voulez. Les montagnes sont loin derrière tout ce vert. Elles grimpent haut vers le ciel. Quelques nuages y restent accrochés. Le calme nous permet d'entendre tous les frémissements, les bruissements, les infîmes bruits d'oiseaux, de plantes, de crabes, de coquillages, de poissons. Nous quittons cette sorte de lac et nous nous enfonçons dans les méandres des mangroves.

 

Nous avons idée de trouver un chemin qui nous permet de nous enfoncer dans les marais. Et enfin, nous le trouvons, dans un trou sombre de verdure et de racines. Nous laissons l'annexe attachée à un arbre. On se prend pour de vrais explorateurs! Des tressautements, des chuintements, des cris rauques d'oiseaux inconnus nous font nous retourner, et on ne sait plus où regarder. Des grands hérons bleus filent sous nos yeux, des aigles- pêcheurs font des cercles au- dessus des grands arbres. De belles et grosses libellules virevoltent. Elles sont si belles, noires et rose- fuschia. Les aigrettes blanches, grises, tachetées, volent à tire- d'aile, planent, repartent.

 



Nous marchons à la queue leu leu en prenant des tas et des tas de photos, de petits films. Le sol est un peu mou et recouvert d'une légère couche d'eau. Des mouches, des moustiques nous tournent autour. Les crabes et les coquillages font « crrrrrrrrrrr » et s'enfoncent dans la vase à notre approche. Les palétuviers se font de plus en plus rares, et nous arrivons devant un grand marais. Eau de couleur verte et marron. Ciel bleu dur. ET...sur l'eau, dans le ciel, la couleur écarlate des ibis. Ils sont à la fois de la soie, du velour, du satin flambant rouge, d'un rouge étourdissant .

 

 


 

Ils sont très élégants sur leurs pattes hautes, le cou tendu, le bec délicatement recourbé. Nous avons le souffle coupé de tant de beauté. Comme écrit la chanteuse Barabara: « Merci et chapeau- bas ». Ils nous regardent, tellement beaux. Ils ont peur, ils vont s'envoler. Ils sont dix, vingt. Ils s 'envolent, et dans le ciel, c'est un feu d'artifice unicolor de ce rouge insensé.


Le ciel s'ssombrit. Nous regagnons notre barque, et rentrons doucement sur nos bateaux.

Aujourd'hui, je regarde le soleil descendre dans l'eau, doucement. Il fait calme, il fait bon, et je me souviens...

 

A très bientôt, pour d'autres histoires...

 

 

 

 


Publié à 09:05, le 11/12/2007, Vénézuéla
Mots clefs : elephantmaraismangroveibisvert

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Elephant Vert, Atoutvent

08:38, 8/12/2007 .. Publié dans Les sites à visiter .. 0 commentaires .. Lien

Si vous voulez connaitre davantage notre bateau Eléphant Vert, nos voyages nos projets, allez visiter notre site www.atoutvent.net


Publié à 08:38, le 8/12/2007 dans Les sites à visiter, Vénézuéla
Mots clefs : Croisièresvoilierelephantantillesvert

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En quittant les îles du Venezuela, les Avès, vers les Roquès et...

02:19, 28/11/2007 .. 3 commentaires .. Lien


... Hier matin, nous avons quitté nos belles îles des Avès vers 6h.30. Nous envoyons les voiles, nous sommes au près, bien sur, et nous yresterons jusqu' en Martinique. Nous trainons notre annexe car Jo et Bernard ont la leur complètement hors service, et il FAUT absolument une annexe pour descendre le petit chien Réglisse à terre. Il y a un bon vent, avec la mer qui va avec, mais ça ne chahute pas trop. Le ciel et la mer sont très bleus. Nos copains du catamaran « Taille la Zone », Jo, Bernard et Réglisse, taillent vraiment la zone, et nous laissent derrière... Et puis, dans cette belle lumière de fin d'après midi, apparaît au loin un phare, un vrai, avec des bandes rouges et blanches. Une bande de terre, de sable, de roches, le tout très blanc et bas sur l'eau. Les Roquès, archipel d'îles et îlots magnifiques. Nous ne connaissons pas Cayo de Agua, et c'est là que nous allons. Plus on s'approche, et plus on a l'impression d'aller vers une ville d'Afrique du Nord. Les roches de loin, ressemblent à des maisons carrées et blanches, et surtout, il y a de magnifiques palmiers. Même on imagine un minaret! Mais non, c'est bien Cayo de Agua, sans villes, sans villages, sans la moindre maison. Juste un mouillage abrité de la mer et des vents dominants, par du sable, des mangoves.

 

 

Mais l'entrée du mouillage n'est pas DU TOUT évidente, surtout à 5 h. du soir, losqu'on a besoin de toute la lumière, pour se faufiler entre les patés de corail. Je suis à l'avant, et j'essaie de voir... Babord, tribord, tribord, tout droit, babord... L'eau est très claire, et j'ai l' impression que l'on va cogner dans le corail à tout moment. Nous n'y voyons pas bien du tout, le soleil est trop bas sur l'horizon, et vraiment, il y a parfois TRES PEU d'eau... Enfin, ça y est, les bateaux que l'on voyait tout droit devant nous et si proches, nous y sommes. Ouf! Il est presque 6h, et je suis contente d'être arrivée à bon port! Autour de nous? C'est beau, BEAU, SI BEAU.

Et pendant trois jours, nous fairons de superbes balades sur la lagune, sur les plages. Les plages, il y en a pour tous les goûts: des petites, croissants parfaits. Des plus grandes qui flirtent avec les vagues, le ressac. Elles ont un petit air de Bassin d'Arcachon, un Cap- Ferret en miniature, pour ceux qui connaissent! Il y a aussi des mini- mangroves, quelques oiseaux. Enfin, ici tout est réduit. Avec Joe, nous planterons un cocotier. Le reverrons- nous un jour? Mmmm, je n'en suis pas sûre.

Je fais une petite halte sous les magnifiques bouquets de palmiers. Un énorme bernard l'hermitte me tourne autour. Je l'attrape, il sort furibond, enfin j'imagine, de sa coquille.

Le soir, nous retrouverons les copains pour des moments chaleureux, comme toujours. Sur le bateau de Dominique et Myriam, nous jouerons au jeu de dominos, mais de dominos américains. C'est un jeu très convivial, puisqu'on peut y jouer à plusieurs. Comme toujours, chacun apporte un petit truc de sa fabrication: poisson cru mariné, gateaux, bouteille de vin, au choix. Une petite recette?

Poisson cru mariné à la mode de « KRILL »:

Couper en fines lamelles le poisson que vous venez bien sûr de pêcher, de préférence une belle bonite.Ajouter de l'huile d'olive et une boite de capres écrasées, un peu de citron, du sel, du poivre. Vous mélangez bien. Vous mettez au frais une demi- heure, et vous dégustez, tranquillement, à la fraîche...

Une autre?

Pêchez un beau poisson assez gras. Ne l'écaillez pas, videz- le seulement. Poivrez- le, citronnez- le, « herbez- le ». Dans un plat allant au four, faire un lit de gros sel, posez le poisson dessus, et le recouvrez- le entièrement encore de gros sel. Il vous faudra environ 2kg de sel. Laissez- le cuire environ ¾ d'heure, à four chaud. Une fois cuit, vous cassez la croute de sel, et c'est bon, c'est bon... Enfin, le poisson, pas le sel...

Vous pouvez faire la cuisine, quand il ne fait pas beau. Car oui, sur ces îles du paradis, il peut ne pas faire beau. Un grain, un orage suffisent à transformer le paysage. Le vent se renforce et fait apparaître des vagues bien blanches sur le plan d'eau si calme et si bleu il y a 5mn. Le ciel se couvre et prend une vilaine couleur grise comme du plomb. Les cocotiers se couchent, et la pluie arrive, drue, serrée, dynamique et bruyante. Les bateaux tirent fort sur les mouillages, et nous surveillons, au sec, sous la capote de descente. Le catamaran Varuna, avec à son bord Dominique, Myriam et Olivier disparaît dans le grain. Ils sont obligés de partir, car demain matin à 7h, Olivier reprend l'avion à Grande Roque vers Caracas, puis Paris.

Nous, nous partirons demain matin, toujours en compagnie de nos petits copains de « Taille la Zone ». Ciao, Cayo de Agua bella! Nous partons vers un endroit fabuleux, mais nous ne le savons pas encore...

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Publié à 02:19, le 28/11/2007, Vénézuéla
Mots clefs : avesvertelephantRoques

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Petites réflexions d'une voyageuse, au Venezuela...

01:47, 28/11/2007 .. Publié dans Petites reflexions d une voyageuse .. 0 commentaires .. Lien

Petites indiscrétions d'une voyageuse:

...en gros, mes humeurs, bonnes ou mauvaises!

« Pour tous ceux qui ouvrent le robinet d'eau, et qui la regardent couler... »

Et bien non, tout le monde n'a pas la chance d'avoir un robinet d'eau douce à portée de poignet. Hop! Juste un léger tour avec deux doigts, et ça coule. Toutes les îles, ou presque, que nous visitons n'ont pas d'eau douce. Il faut aller la chercher, un peu profondément dans le sol. Sur une des îles des Avès, des pêcheurs arrivent avec leur belle barque. Ils s'installent ici pour la saison de la pêche à la langouste qui commence en novembre.

Les deux fils et le père. Chacun a des gros fûts de 150 litres, dont un est bien rouillé, ainsi qu' un seau. Le père descend dans le trou creusé sur l'île. Des gros galets de corail entoure « le puits ». L'eau stagne dans le sable. Le pêcheur creuse plus profondément, et rempli peu à peu les fûts de 250 litres. Ensuite, ils roulent ces gros fûts sur la plage, et les embarquent tant bien que mal sur leur barque de travail. Cela leur aura pris 2 ou 3 heures. Deux ou trois heures pour 500 litres d'eau à peu près douce. Voilà, à méditer.

 

 

 

 


Publié à 01:47, le 28/11/2007 dans Petites reflexions d une voyageuse, Vénézuéla
Mots clefs : avesvertelephantRoques

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La course de l'Elephant

04:11, 24/11/2007 .. 1 commentaires .. Lien
Notre balade de cet été à grands pas d'éléphant, de la Martinique au Vénézuela
Publié à 04:11, le 24/11/2007, Mer des Caraïbes
Mots clefs : Croisièresvoilierelephant vert

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De Mochima aux Aves, au Venezuela

02:42, 6/11/2007 .. 3 commentaires .. Lien

DE MOCHIMA A TORTUGA

Voici une heure que nous sommes sortis des "Rias" de Mochima. La lumière du petit matin est très belle, et c'est enfin le calme. TOUTE la nuit, il y a eu de la musique. Forte, enfin, trop forte. A 5 h ce matin, la musique se mélangeait aux chants des coqs! Ce village enserré de montagnes, ne connait il donc jamais le repos? J'ai tout de même adoré la dernière chanson que j'ai pu entendre: "Ciao bella!"; peut-être un vieux truc latino, ou italien, avec de sacrés trémolos dans la voix cassée de l'interprète. Nous sommes en mer, et derrière nous, les montagnes sont rouges, complètement. Peu à peu, la brume de chaleur atténuera les couleurs, et nous ne verons plus que des plans de montagnes allant du gris foncé au gris le plus clair.

La mer devant nous est lisse, et il nous faudra mettre le moteur afin d'avancer. Le vent est complètement absent de la balade, comme souvent dans ces eaux là l'été. Histoire de politesse: les dauphins sont venus nous dire au revoir. Ils sont dix, vingt, trente... Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que ça souffle, ça saute, ça siffle. Et nous, toujours émerveillés, nous restons à l'étrave à les regarder, à les écouter.

UNE PARTIE DE PECHE SUR ELEPHANT VERT.

Ne me dîtes pas que les poissons ont faim vers midi, midi et demi. Et bien si! Nous avons souvent pêché à ce moment- là.
Jusque là, cet été, la pêche n'a pas été fabuleuse. Des poissons perdus ou ratés, les lignes de traînes pas à poste, parce que à la voile, ce n'est pas pratique... Et blablabla...
Aujourd'hui, il y a les deux lignes de traîne depuis ce matin 6h, nous marchons au moteur, toutes les BONNES conditions sont réunies.
Il est midi. Nous dégustons nos bières glacées, sur le pont. Il fait 34°.
Moi: « C'est curieux, normalement c' est vers midi que l'on prend du poisson. »
Fred: « Mmmm »
Nous buvons notre bière, et quoi de plus délicieux que la première gorgée! Le temps du repas arrive. Du pâté de canard sur une tranche de pain, le pain étant fait à bord, une salade de tomates/maïs/carottes, le tout bien frais... Mentalement, je me dis: « Bon, ce soir, que va-t-on manger? Omelette? Riz? Conserves? Ou SI il y a quelques pêcheurs à Tortuga, SI ils viennent nous proposer quelques poissons, ou des langoustes... Contre quelques bolivars, ou du rhum, ou des cigarettes...? A voir. »
« Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz » Ca c'est le bruit que fait une ligne de traîne quand un poisson a mordu. Et je ne sais pas si vous connaissez ce bruit, mais pour moi, il est très doux, plein de promesses, car je SAIS ce que l'on va manger ce soir! Pour Fred, c'est aussi un doux bruit, il aime la pêche.
L'affaire fut faite en 10 minutes. On relève, au bout de la traîne, une belle dorade coryphène . Le crochet à poissons et le couteau sont prêts. Et oui, chères âmes
sensibles... L'appareil photos est là, juste pour que vous voyez bien, et voilà, le tour est joué. La bestiole est à bord. Je rince le
Ah, me direz- vous, et dans l'action, qu'est devenue la salade que vous étiez entrain de manger? Et bien, elle était rangée et calée dans la cuisine, sur des sets de table anti- dérapants. Un bateau, ça bouge...
Il est 15 h. Un peu de vent arrive. Nous avons arrêté le moteur. Nous marchons au près bon plein, allure royale sur mer plate. Trois heures plus tard, nous arrivons dans le mouillage de l'île de Tortuga: Playa Caldéra. Au fur et à mesure de la soirée, les couleurs changent. La plage est rose, puis prend la douce couleur mauve qu' ont les lilas au printemps. Le sable est nacré. Puis le ciel se barde de grandes zébrures roses, orange vif et grises. Un nuage d'orage s'élève: gris sourd. Derrière lui, le coucher de soleil teinte le ciel de couleurs extravagantes. Les sternes ont un cri strident et volent aile dans aile. La soirée sera douce. poisson vidé, et hop, dans le réfrigérateur. Le pont est lavé du sang et des écailles, et oui, chères âmes sensibles. Et dans ma tête, je me dis: » Ce soir: grillé, demain, au four, après demain tarte au poisson... » Fred range l'autre ligne. Nous verrons un autre jour, lorsque nous aurons faim!

TORTUGA: PLAYA CALDERA.

Le chaudron? Le cratère? Oh oui, sûrement. Nous marchons sur la grande plage, et l'air est surchauffé. Sur l' île, le moindre brin d'herbe ou de bois semble calciné par tant de chaleur.Plein de minuscules lézards noirs circulent en laissant de jolis dessins de leurs pas zigzaguants. La superbe et longue plage est difficile à regarder sans lunettes de soleil, tellement le sable est blanc. A ses pieds: l'eau. L'eau transparente, l'eau turquoise. L'eau profonde. L'eau rafraîchissante même si elle est à 29°. Et nous y plongerons avec bonheur...
.

LOS AVES: LES OISEAUX EN ESPAGNOL.

... Et nous quittons l'île de la Tortuga. Nous sommes en mer, toujours en vue de l'île. Il fait vraiment très chaud et il n'y a pas un souffle de vent. Allons- nous faire au moteur, les 110MN qui nous séparent des îles Aves? Non, impossible. Le ciel est couvert, laiteux. L'après- midi va se dissoudre dans le temps, avec pour bruit de fond, le
Ca y est, cette fois, le vent est « rentré ». Nous avons arrêté le moteur, et nous marchons sous voiles, confortablement, travers/grand largue, sur une mer belle. Le soleil se couche, et au loin, d'énormes poissons sautent hors de l'eau en faisant de grandes gerbes. Sûrement chassent- ils. Le ciel devient rouge, en profite pour roser et nacrer les voiles. C'est beau. La lune se lève. Cette nuit elle est complètement pleine. Ca sera notre compagne, blanche, ronde, éclatante et bienveillante.
... La nuit est terminée, avec son cortège de quarts de veilles. Un cargo seulement, très loin, nous a croisé. Nous avons vu les phares des îles des Roques. C'est toujours un instant magique, les phares, même à l'heure du GPS. On les aperçoit sur l'horizon, on compte les éclats, et on sait que c'est tel phare. On regarde sur la carte. C'est bon, on longe bien l'archipel. Il faut être attentifs, car les îles sont très basses, et les récifs dangereux.
Le soleil commence à montrer ses rayons, et le vent force. Nous sommes maintenant vent- arrière, et mettons les voiles « en ciseau ». C'est à dire, génois tangonné d'un coté, et grand- voile de l'autre. Les AVES sont maintenant à
ronronnement du moteur... Seuls les deux baracudas pêchés vont nous réveiller de notre torpeur! Mais Fred connait un « truc » pour faire venir le vent: gratter doucement le mat ou le pont, car siffler n'est pas bon: trop de vent arrive, voire la tempête!!!!.Grattons, grattons, pourquoi pas, en tous les cas, ça ne fait pas de mal! Vous ne me croirez pas, mais quelques instants plus tard, la mer se ride, et les pavillons qui pendaient lamentablement, semblent avoir quelques véléité d'envol! Ben oui, il y a des astuces comme ça, de vieille marine! 30MN, il est 9h, nous y serons en début d'après- midi, si nous maintenons notre vitesse. Nous allons devoir empanner. La mer est plus chahuteuse, plus blanche. Nous empannons doucement, et CRAC, la grand- voile se déchire tout du long, en dessous du 2ème ris. Ca fait toujours mal lorsqu'une voile souffre, mais celle- ci est bien vieille, et une nouvelle nous attend chez le voilier, en Martinique. Nous affalons, et restons seulement sous génois et artimon. Le vent est repassé grand- largue, et nous continuons notre chemin à 6noeuds de vitesse.
... Je plisse les yeux, et la- bas, très loin, mais vraiment très loin, j'aperçois quelque chose qui ressemblerait à une terre, minuscule et très basse... Magique magique cet instant là. De plus, nous sommes deux à voir la même chose. Pas de doute, ce sont les AVES.
Nous sommes impatients d'arriver. Nous allons les découvrir, mais la navigation à voile est un jeu de patience... La terre se rapproche, près, de plus en plus près. Et le vent faiblit, mais la côte se dessine de plus en plus précisément. Une longue ligne verte, des arbres qui
Nos yeux sont assaillis par un bleu turquoise intense, une fois que nous tournons la pointe. Quelques bateaux sont à l'ancre, devant un paysage sublime, désert et sauvage. Pendant tout le temps que nous resterons là, nos seuls compagnons seront les oiseaux. Des centaines d'oiseaux. Des fous de Bassan en majorité. Des échassiers, quelques grandes frégates et de rares pélicans. Tout cela traverse le ciel bleu, se juche en haut des arbres, au milieu des palétuviers. Et dans un concert de cris divers, ils se font la cour, construisent des nids, couvent des oeufs, nourrissent les petits, vont pêcher, se disputent... Et nous regarderons le grand spectacle de la nature, fascinés. dépassent, un phare sur une langue de sable très blanc. Mhmhmh, ça sent bon la « terra incognita ».


Comme bruit, nous n'aurons que celui du vent et celui des grandes vagues qui claquent sur le récif. Celles- ci en roulant, emportent parfois des bancs de poissons dans leur écume bleutée. Comme couleurs, nous n'aurons que du bleu, du plus transparent au plus sombre, en passant par toute la gamme. Comme loisirs, nous irons voir les poissons aux milles couleurs. Nous marcherons le long des mangroves afin d'épier et de prendre des centaines de photos d'oiseaux. Nous caresserons les galets de corail, si blancs, si beaux.

Nous irons nous balader sur une mini- île, au large du mouillage. Nous en ferons le tour complet. Avec Marie- Jo, suivie de son chien Réglisse, nous ramasserons des tas de coquillages, allant de rochers en plages, en toute liberté.
Nous rajouterons le nom de notre bateau au petit emplacement réservé aux gens qui sont passés sur ces terre du bout du monde. Certains ont fait de beaux dessins, d'autres un décor surréaliste et naturel. Nous verrons une raie majestueuse près du bord de la plage. Plus tard, sur une autre île, nous verrons une raie manta, presque sur la plage. Un crabe rouge, vert et bleu se terrera dans un trou d 'eau en nous voyant arriver. Au loin, dans la mer striée de bleus, une petite tortue plongera tranquillement. Nous verrons aussi, un matin, les traces d'une tortue luth, sur la petite plage de sable, ainsi que l'emplacement de plusieurs de ses nids, les faux et le vrai.


Le phare de l' île ne marche pas. Fred et Bernard grimperont en haut du pylône en espérant pouvoir faire quelque chose. Peine perdue, c'est le panneau solaire qui est fichu.
Nous faisons également pas mal de cuisine sur les
bateaux: crêpes à la crème de marrons ou au chocolat de Bernard, ou la soupe de poissons de Fred. Je vous donne la recette, comme si c'était VOUS qui aviez pêché les poissons, dans des îles doucement ensoleillées et saturées de bleu... Sinon, et bien allez chez le poissonnier.


Dans une grande cocotte, faire bouillir 2 litres d'eau assaisonnés de poivre, de sel. Ajouter 3 piments de Cayenne, une cuillère à soupe de curry, du piment d' Espelette ( et oui!!), 2 échalotes coupées en petits morceaux, 3 gousses d'ail pressées, 2 feuilles de laurier ou de bois d' Inde. Ajouter du vin blanc et de la tomate fraîche ou en boite.
Mettre ensuite les têtes et les queues de poissons. Si vous avez quelques crustacés, à savoir: petits crabes, têtes et carapaces de langoustes, calamars, les ajouter.
Laisser cuire tout cela quelque temps que ça prenne le goût. Puis, ajouter les morceaux des différents poissons, pêchés ou achetés. Vous les couperez grossièrement. Vous en réserverez quelques morceaux, et les mettrez de coté. Laissez cuire le contenu de la cocotte le plus de temps possible, environ une bonne heure. Passez ensuite le tout à la moulinette. Filtrez grossièrement.Tout remettre à cuire en ajoutant dans la soupe les morceaux de poissons que vous avez réservés. Lorsqu'ils sont cuits, servez votre soupe. N'oubliez pas le fromage râpé, les croûtons aillés, la rouille et l'ailloli.Servir avec un petit vin blanc très frais, par exemple, de l'Altagracia ( vin Venezuelien), ou un Santa Héléna ( vin Chilien). Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un très bon appétit!



Nous repartons, et laissons ce tracé d' îles derrière nous. Nous n'avons presque plus d' eau douce, plus de fruits et de légumes. Salut à vous, tous les oiseaux, les poissons. Les plages, les vagues... CIAO... CIAo, CIao, Ciao, ciao......................
Trois petites voiles, et l'Eléphant s' en va... Je vous donne rendez- vous très bientôt . Je vous raconterai les
Roquès et les fabuleux oiseaux de Carénéro.


Publié à 02:42, le 6/11/2007, Mer des Caraïbes
Mots clefs : antillesvoilierelephant vert

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Balade au Venezuela

11:42, 20/09/2007 .. 5 commentaires .. Lien

Elephant Vert et son équipageElephant vert et ses compagnons

BALADE AU VENEZUELA, ENTRE MARGARITA ET CUMANA.
Comme je n'ai pas envie d'écrire des lettres circulaires, mais que j'ai tout de même envie de raconter, de dessiner, de photographier mes voyages, j'ai pensé que je pourrai faire tout ça à travers un blog. Alors si ça vous dit, lisez moi pour partager ces moments de découvertes, de vieux rêves. De tous ces moments piqués sur le vif, qui à chaque fois étonnent et donnent envie d'aller plus loin. Toujours.
Comme le moment des cyclones arrivait, nous avons quitté la Martinique. En effet, deux jours après notre départ, le cyclone Dean traversait l' île, en laissant pas mal de dégâts derrière lui. Saison détestable, où le pire peut arriver à tous moments. Nous, nous étions arrivés sur les petites îles des Testigos, premiers morceaux de terre venezuelienne. Nous avons changé plusieurs fois de mouillages afin de suivre la rotation du vent. même si ce n' était pas toujours très confortable, nous n'avons eu aucun problème.

 

Il ne fait pas toujours beau sous les tropiques...

Le mauvais temps passé, l' Eléphant et nous avons continué le voyage, en passant par l' île « immeubles » qu'est Margarita, l'île déserte qui nous attire comme un aimant, la Blanquilla. Mais le mauvais temps s'amuse avec nous, et Félix, tempête tropicale, montre le bout de son nez. D'après les données météo, Félix doit passer près de nous, trop près à notre goût. Après un apéritif très agréable sur un bateau ami, à minuit, nous voici entrain d'envoyer les voiles. Nous sommes 6 bateaux dans le mouillage, 18 heures plus tard, nous arriverons tous les six sur le continent vénézuélien, à Mochima, dédale de baies, d' anses secrètes, d'îles et îlots, le tout enrobé de vert et enrubanné du bleu de la mer.

Pourpre minéralLe lendemain, à quelques heures de navigation, nous partons voir si l'endroit étonnant appelé Laguna Grande, est toujours aussi étonnant, aussi rouge. Oui, oui, c' est toujours beau. Les montagnes sont rouges sang, et on entre par une faille moyennement étroite. Devant nous , le site somptueux de Laguna Grande. Suivant la lumière, les couleurs des montagnes sont tour à tour rouges, ocres, sienne, marron. Un ourlet de verdure les souligne parfaitement. Où poser les yeux sur tant de beauté? La nuit viendra brusquement, comme toujours sous les tropiques. Le ciel du mois d'août ou septembre affiche complet en ce qui concerne les étoiles, le savez- vous? Le silence est total. Ah non, seulement le hululement de deux hiboux accompagnera la soirée, vierge de lumières et de bruits. Le plan d'eau est tellement calme, qu' aucun clapotis ne viendra caresser la coque de l' Elépant. Moments magiques où l'on retient sa respiration... Le lendemain matin, sur les rochers à deux pas de nous, un couple d' aigles va se réveiller, étendre leurs ailes au soleil, et s'envoler dans le pourpre minéral.

Après ces moments de réconciliation avec « tout »!, nous traversons le golfe de Carriaco, et allons dans la grande ville deLe marché
Nous faisons un beau marché pour quelques bolivars seulement, en terminant par l'achat de belles sardines d'un argent vif et brillant.
Cumana. A peine arrivés dans la marina, les amarres attachées, nous partons pour le superbe marché de la ville. Le bus poussif et brinquebalant est bondé comme toujours. Contraste avec Laguna Grande, car dans la ville, sur le marché, c' est la foule, le bruit, la musique, les voitures qui claxonnent. Le soleil est brûlant et la lumière de midi écrase la ville. Mais c'est tout de même fantastique de vie, une ville sud- américaine. Des fruits, des montagnes de fruits: goyaves, maracujas, bananes, pastèques, et je rêve, même des FRAISES, venues des montagnes de la lointaine cordillère. Le vert des salades cotoie le vert des courgettes , les oignons sucrés s' étalent à coté des pommes de terre brunes. Un marchand d' oiseaux vante la beauté de ses deux toucans, malheureusement enfermés dans leur cage étroites. J'ai envie d'ouvrir toutes les cages...

l'iguaneAprès avoir bu avec bonheur une bière glacée sous une tonnelle d' une fraîcheur revigorante, nous partons visiter une « tabaqueria », ou si vous préférez, une fabrique de cigares. Marie- Jo et Bernard du bateau « Taille la Zone » nous accompagnent. Nous traversons le grand parc de la vieille ville. Les arbres ont des racines comme des pattes d'éléphants, surtout un énorme fromager. Les cocotiers s' élancent à l'assaut d'un ciel sans nuage, et ici, les palmiers sont royaux. Le fleuve marron traverse le jardin. Deux ou trois gros iguanes grimpent lestement dans les arbres et changent de couleurs. Le soleil nous fait des clins d'oeil à travers les feuilles des grand arbres, là haut, tout là haut dans le ciel.
Dans les rues, ça sent l'huile chaude où cuisent les « empenadas », beignets fourrés de viande ou de légumes.Les trottoirs sont encombrés par des marchands « de tout ». La musique crie dans les hauts- parleurs, les gens s'interpellent. Attention touristes à vos sacs, à vos caméras ou appareils photos. Un monsieur me montre sa carte de policier. Je doute qu' elle soit vraie! Marie- Jo s' achète un jus de canne à sucre glacé, avec plein de quartiers de citrons verts. C'est acidulé et sucré à la fois.

 

aquarelleLa première fabrique de cigares que nous visitons est tout de même importante, avec quelques 30 employés, principalement des femmes.
L' atelier est assez bien aéré, avec les petites tables de chaque « rouleuse ». Devant elles des paquets de feuilles différentes triées, qu' elles plient, déchirent et roulent avec une dextérité impressionnante. Les cigares ne sont fermés par les bouts que plus tard lorsque l'ouvrier spécialisé aura mis la dernière feuille très fine, la « cape ». Plus loin, les femmes trient et dénervurent les grandes feuilles de tabac marron, rousses, terre ombrée, ocre rouge. Ca sent le tabac à plein nez. Des serres en bois servent à donner la forme oblongue et régulière du cigare.
Les ouvriers gagnent environ 450.000 bolivars par mois, ce qui équivaut à environ 100 euros, pour 9 heures de travail par jour. Pour le niveau de vie du pays, cela est égal à un petit smic en France. Nous quittons la « Cumanesa » en même temps que la rue au nom délicieux de « calle Carabobo ».

FabriqueNous avons cherché l'autre fabrique, la «Don Quijote ». Nous avons tourné et retourné dans les rues, demandé notre chemin une dizaine de fois. On nous dit, tous sourires dehors « par aqui, la secunda, a la derecha... » Et nous allons, revenons, repassons... Et ce sont encore des sourires, des « amigos » en veux- tu- en voilà! Enfin, au coin d'une rue, tout un groupe de gens, plus une voiture de police qui passait par là, nous indiquent la fameuse « tabaqueria ». Un gentil monsieur nous accompagne même jusqu' à la porte minuscule, fermée par des grilles., dans une rue déserte aux maisons basses, aux couleurs crues. Coté ombre, c'est frais. Coté soleil, aie, c'est chaud.
Une petite dame d'un certain âge vient nous ouvrir, les mains tâchées de teinture de tabac. Elle nous fait de grands sourires et nous entrons... dans sa maison- atelier « Don Quijote ». Nous traversons des pièces minuscules encombrées de caisses en carton, de piles de feuilles de tabac. Ca sent le tabac. La petite dame travaille avec son fils et sa belle- fille.. Dans une pièce fermée, les feuilles fermentent. Lorsque José ouvrira la porte il semble que l'on a fumé d'un coup une dizaine de cigares! C'est très vite irrespirable. Odeurs de tabac sec, chaud ou humide, au choix. Des cigares sont empilés les uns sur les autres, impeccablement roulés. Bernard et Fred héritent chacun d'un corona, c'est- à- dire d'un cigare d'une taille correcte. Nos hôtes sont sympathiques et ravis de notre visite. Le petit garçon du jeune couple joue avec un énorme « spider man » en tissu, coincé entre l'évier de la cuisine et un tas de feuilles de tabac plus haut que lui.
Nous retrouvons la rue, la foule, la lumière aveuglante et la chaleur, le nez rempli de l'odeur âcre du tabac


Publié à 11:42, le 20/09/2007,
Mots clefs : elephant vertvoilier

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