Elephant Vert, escales et rencontres

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Les maisons de la ville d'Hiver

12:50, 17/02/2010 .. 2 commentaires .. Lien

 

Les vieilles dames de la ville d'hiver...

 

En 1862, la construction de la ville d'hiver d'Arcachon commence. Emile Péreire en est le concepteur. La particularité est que les allées sont courbes, afin de faire barrage aux courants d'air. Le climat tempéré, l'air marin et les odeurs de résine, en font un haut lieu de villégiature.

Des grands noms, telles des divas: Antonina, Constance, Faust, Cyclamen, Slomka, Béatrix, Rosa la Rose. Noms choisis au hasard de mes pas. C'était au mois de janvier, et les mimosas croulaient sous leur or. Les camélias commençaient à pointer leurs pétales d'un rose suranné.

Déambulons tranquillement...

 

Maisons aux murs rosissants en fin de journée, entourées de pins un peu penchés par le vent. Maisons dans la douceur du matin. Maisons arborant des volutes folles. Maisons imposantes, toutes sorties d'un passé intemporel.

 

Villa Tolède. Une des plus ancienne de la ville d'hiver. Son année de naissance? 1862.
Quel est le propriétaire fou qui a voulu toutes ces arabesques de bois, ces magnifiques escaliers et balcons. La petite briquette rouge de Biganos, village voisin, très utilisée autre fois, réchauffe les murs.

 

 Que s'est- il chuchoté derrière ces vieilles grilles qui grincent sûrement quand on les ouvre. Au bout de l'allée, la maison. Et toujours, le léger souffle du vent, aux odeurs de sel et de résine.

 

Que dites- vous de cette imposante bâtisse aux balcons de dentelles bleues. Dans le grand parc, se chamaillent les mimosas, les camélias, les vieilles glycines. Elle est à vendre...

 

 Ces maisons ont un air exotique, peut- être du à leurs palmiers, et leurs toits dans tous les sens. Des entrées vitrées, des jardins d'hiver, des bosquets de troènes. J'entends un air de piano très doux, très lent.

 

« Les Sorbiers ». Maison plus simplette, mais toujours dans le style arcahonnais. Haies sérrées de lauriers, cyprès au garde- à- vous!

 

Cet après- midi là, le soleil s'amusait à faire des ombres et lumières sur les murs. Un vieux rosier avait hâte d'ouvrir ses fleurs. La barrière est en bois, comme toutes les vieilles barrières dans la région.

 

J'ai eu envie de m'arrêter devant cette maison et de lui rendre hommage. La belle vieille dame est fatiguée et abîmée, mais quel charme.

 

 

J'ai aimé cette maison ce matin là. La brume s'attardait encore dans les branches de mimosas. Les volets de bois sont fermés sur leurs souvenirs.

 

  

 

            

 

 

Publié à 12:50, le 17/02/2010, Arcachon
Mots clefs : villasAquitainearcachonelephant vert

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Calebasses- voyage, calebasses- soleil.

07:04, 7/01/2010 .. 2 commentaires .. Lien

                                       Calebasses- voyage, calebasses- soleil...

 

                                              

 

 

 Pour ceux qui ne connaissent pas la calebasse, le calebassier est un arbre originaire d'Amérique centrale, des Caraïbes et d'Afrique. Ses fruits, les calebasses, ont des formes de boules ou de poires.
Fraîches, les calebasses sont vertes. En séchant, elles deviennent marron.

      

 

 Je les coupe, puis les évide avec une cuillère. Elles sont pleines d'une gélatine blanche. Ensuite, je les mets à sécher plusieurs jours. Avant de les peindre, je les ponce.
Je les décore avec des perles, des coquillages, du raphia, de la ficelle, bois- flotté, enfin tout ce qui me passe par la tête. J'en fais des bols, des boites, des vases, des mobiles, des totems.

   

 

  C'est la même démarche pour mes toiles- collage. Je laisse aller mon imagination, mes envies du moment...

   

 

 Cette année, étant en France, dans mon village sur le Bassin d'Arcachon, pour Noël, j'ai eu envie d'exposer mes calebasses et toiles. Mes calebasses arrivent de loin, puisqu'elles ont traversé l'Atlantique sur Eléphant Vert.
J'ai eu la chance d'être retenue pour le marché des artistes, qui a eu lieu les 18, 19, et 20 décembre.
J'ai travaillé tout l'automne, afin de préparer cette exposition. Même ma petite nièce Manon fut de la partie. Elle a adoré décorer la calebasse que je lui avais donnée, mais que son chien a « croqué » quelques jours après!

 

 

 Le jour J arrive. Maïa, ma nièce, et Frédéric sont venus m'aider à installer mes 12m2 de stand. Deux heures pour décorer et mettre en place, nous n'étions pas trop de trois.

   

                                     

 

 Trois jours à rencontrer des gens, à expliquer ce que je fais. Beaucoup m'ont dit que par ces grands froids, je les faisais voyager au soleil.

                                     

 

  Vous aussi, baladez vous, regardez, réchauffez vous à mes calebasses- soleil. En ces temps de frimas, ça fait du bien...

  

  

                                  

  

                        

 

 A bientôt, pour d'autres couleurs...

 

 

 

 

Publié à 07:04, le 7/01/2010,
Mots clefs : marché des artistescalebasseMarché de Noëlcap ferretelephant vert

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Bonne Année

03:32, 2/01/2010 .. 1 commentaires .. Lien

 

Je vous donne rendez- vous très bientôt pour vous raconter mon exposition calebasses et toiles qui a eu lieu avant Noël.

A très vite...

Publié à 03:32, le 2/01/2010, France
Mots clefs : calebasseexpoelephant vertlege cap ferret

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Des vaches et des taureaux, des fumerolles et la fête

15:45, 9/09/2008 .. 3 commentaires .. Lien
Histoire n°2: des vaches et des taureaux, des fumerolles et la fête!

Nous quittons la marina de Angra et partons pour Praia da Victoria, où l'on peut mouiller, enfin, dans une grande baie fermée par des brises- lames. Au fond, se trouve la marina. Nous passons devant Las Islas das Cabras, deux rochers, complètement aplatis sur le dessus. Les vages claquent bien sur la roche lisse et nue. Les flancs sont troués par de belles grottes. Nous doublons le phare au nord- est de l'île. La côte est rocheuse, avec, en bas des rochers, des pêcheurs, et pour leur permettre de descendre, des cordes sont pendues un peu partout!

 

Dans l'après- midi, nous arrivons dans la grande baie de Praia. Nous mouillons notre ancre. Ce n'est pas très joli sur les cotés, car ce sont les endroits réservés au commerce, mais devant nous, la petite marina, les plages et la jolie ville de Praia, serrée autour de ses clochers. Cette marina détient la palme d'or de l'accueil. Même si on reste au mouillage, les employés sont très accueillants et serviables.

 

La petite ville de Praia, si elle est moins « classe » qu'Angra do Heroismo, est largement aussi agréable. Praia a un petit coté « années 6O ». L'ambiance me fait retourner pas mal d'années en arrière! lorsque nous allions en vacances en famille dans la ville d'Hendaye, au Pays Basque. Petites rues pavées, des arbres, des massifs de fleurs, des jolies maisons, un minuscule marché avec « mon » marchand de fruits et légumes tellement sympathique. Ici, tout est en miniature. C'est comme dans les livres d'école que nous avions autrefois pour apprendre à lire: « l'avion vole dans le ciel- le bateau navigue sur l'eau- les vaches broutent dans les prés ». Ici, vous avez tout ça d'un seul coup d'oeil!

 

Nous montons au sommet de la colline qui surplombe la baie, et revenons par les petites routes. Le paysage est totalement différent de ce que nous avons vu jusque là. Des petits champs de maïs partout, jusqu'au bord des falaises au dessus de la mer. Des paturages, et des vaches, et des taureaux qui ruminent! Des chevaux, aussi et des petits ânes gris. Le paysage prend des couleurs sépia, terre de Sienne. Quelques hortensias éclairent les murets de pierres et les vieilles maisons, souvent en ruine. Les figuiers étalent leurs branches, mais les fruits sont malheureusement encore verts, sinon... Ca sent la paille sèche, l'iode, les fruits. J'aime cette campagne de bord de mer. Encore un livre: je pense au « Petit arpent du bon dieu » d'E. Cadwell!

 

Un matin, nous prenons un bus qui va au village de Biscoitos, tout au nord de l'île, là où il y a les seules vignes de l'île, seulement quelques hectares. Nous passons un peu dans la montagne. Vue de plus haut, la côte nord est belle et sauvage, sous un ciel d'un bleu intense. Sur les toits, les cheminées ont une drôle de forme. Les murets en pierre de lave entourent toujours les maisons, dont les portes et fenêtres sont ceinds de basalte gris. Les murs sont d'un blanc cru. Dans les jardins, les bananiers cotoient les figuiers, les hibiscus, les roses trémières, les pétunias bigarrés qui sentent si bon. Des vaches, toujours, encore et partout. Des bidons de lait attendent devant la coopérative.

 

Biscoitos est un petit village tranquille. La poste fait office de bureau du tourisme. La seule employée est très souriante. Nous visitons le minuscule musée du vin, avec sa collection de cépages. Nous dégustons et achetons le vin rare au goût fumé, cultivé dans la lave des volcans.

 

A midi, quoi de mieux que de descendre au bord de la mer, et de manger en plein vent, des sardines grillées avec un bon vin blanc frais, de Biscoitos, bien sûr.
Pour digérer nos sardines, nous partons marcher dans la lande, sur un sentier côtier. Les vignes sont bien sur cloturées de murs de pierre. Le vent souffle, mais il fait un temps magnifique et l'air est doux. La mer claque durement contre les dentelles de pierres en contrebas. Elle étincelle sous le soleil. Le sol est une étendue de lande rousse et ocre. Ca sent bon. De temps en temps, on croise des tamaris torturés et des figuiers croulants sous les fruits encore verts.

 

Un autre jour, nous louons une voiture, afin d'aller nous balader dans l'île. Nous traversons de belles forêts d'eucalyptus, de cèdres majestueux. Les hortensias sont moins nombreux qu'à Faial, et leurs fleurs commencent à fâner. La belle montagne est sauvage. Les bruyères blanches ou violettes recouvrent le sol. Ca sent à plein nez le thym et le romarin. Silence, silence...

 

Des bruits de sabots sur la route; des « aïe, tchak, rochi », en Portugais, s'il vous plait, et voici madame la gardienne des vaches avec son grand troupeau. Quelques routes plus loin, encore un troupeau. Des vaches dodues, noires et blanches de face et de dos.

 

Nous arrivons aux « Furnas d'Enxofre », imprononçable si vous avez déjà entendu la langue portugaise! Nous arrivons au pays de la terre qui fume. Des fumerolles partout, dans les roches couleur du souffre. On approche la main, et ça devient très chaud. Autour, il y a de belles fleurs rose- fushia, des lauriers endémiques aux Açores, des grandes fougères aborescentes.

 

Nous descendons dêjeuner dans le charmant village de Sao Mateus, au bord de la mer, sur le port, dans un délicieux restaurant de poissons et de coquillages bien frais. Sur le port, un pêcheur prépare et vend des appats. Les pêcheurs débarquent le poisson du jour, les touristes se baladent.

 

Nous montons ensuite par des petites routes tortueuses, où il n'y a jamais personne, jusqu'à 1200 mètres. Et la belle caldéra de Santa Barbara s'étale devant nous. La végétation est celle de la montagne: sapins, encore des cèdres. Des napes de brouillard rendent le paysage encore plus mystèrieux. Le sol est spongieux sous nos chaussures.

 

En redescendant, nous voyons au fin fond d'une route de campagne qui mène nulle part, des voitures, des gens, des camions, quelques marchands de saucisses et de fromages, de bières. Ca discute ferme autour des torils, avec en haut des collines, de magnifiques bestioles noires: les fameux taureaux! Nous arrivons en pleine vente des taureaux pour les fameuses « touradas » très populaires. A part nous, point de touristes. Mais on nous explique comment ça se passe. Bien sûr, nous suivons tout le monde, puisque se prépare en fin d'après- midi, dans le petit village de Fournhiras,
une tourada.

 

Recette de « la Tourada a la corda »
Allez dans un champ de taureaux. Vous en prenez quelques uns. C'est facile...

Une fois dans le « toril », vous en choisissez 4. Ca ira pour une tourada. Prenez de préférence les plus gros et les plus grognons.

Vous prenez un village, la foule vous y attend,

Vous choisissez 4 types costauds et jeunes, et une très longue corde,

Vous y attachez un des taureaux que vous avez choisi,

Vous prenez 2 autres types de préférence vifs, en forme et jeunes,qui vont agacer votre taureau à l'aide de parapluies ouverts ou de la vraie « muleta »,

Vous prenez plein de gens courageux,


Parmi, il y en aura toujours des méfiants...

Et tout ça fera une belle fête populaire.

 

Après cette excellente journée, nous rentrons à Praia, car les grandes fêtes de la ville vont commencer. Elles durent une semaine et c'est fantastique. Nous déambulerons entre les stands de spécialités culinaires portugaises. Nous écouterons du fado, des fanfares, du jazz, du rock( concert sympa improvisé sur la plage), du flamenco, de la musique cubaine. Nous verrons défiler sur des chars, l'histoire du Portugal en sons et images humains. Plusieurs touradas, bien sûr, dont une sur la plage. Nous verrons des groupes folkloriques de différents pays. Les bateaux de pêche feront une procession le dimanche. Les vendeurs de barbes-à-papa filent le sucre à toute vitesse. Ca sent le maïs sucré chaud. La foule est dans les rues, sur les places. Tout le monde est joyeux et décontracté. J'ai remarqué qu'il n'y avait aucun service d'ordre! Le tout, couronné à la fin par un magnifique feu d'artifice musical.

 

Nous allons bientôt quitter la petite île de Terceira et la bonne ville de Praia. Nous avons adoré cet endroit, l'extrême gentillesse des habitants, leur savoir- vivre, leur douceur de vivre. Nous n'oublierons jamais ces morceaux de terre en plein atlantique. Belles Açores, merci, et en vous quittant, il y a sûrement un peu de « saudade » à bord...

Nous partons rejoindre le continent portugais, tout au sud. Un semaine de mer et nous y serons. Je vous y donne rendez- vous...

Réponse au commentaire anoyme et sans adresse!

Je vous conseille d' aller à Terceira pour y laiser votre bateau. Il y a 1 an, ce n'était vraiment pas cher, aucun problème de sécurité ou autre. Les gens sont particulièrement acceuillants et TRES gentils.

Marina Praia de Vittoria sur l'lle de Terceira:

Prix pour un bateau de 14,50M: 6,50 euros par jour

Un mois: 185,25 euros

A terre: pour la même taille

65 euros  par mois élec et eau comprises. 

Publié à 15:45, le 9/09/2008, Açores
Mots clefs : taureauelephant vertvoilierVolcan

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L'Eléphant au pays des hortensias.

09:19, 23/07/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Ile de Faial, ou l'Eléphant au pays des hortensias.

 

 

«  Alors, comment ça s'est passé pour vous? »

«  Pas de vent, le bateau posé... »

« Oh nous, pareil! »

« Ca fait la 15e traversée que je fais sur les Açores, et depuis quelques années, pas de vent, sauf... l'an dernier »

« De toutes façons on ne peut rien prévoir, en arrivant sur Florès, nous avions un bon 3O noeuds »

«  C'est fou, ça. Nous ici, 10 noeuds à tout casser ».

Et voilà. Ce sont les discussions que l'on peut entendre, lorsqu'on débarque tout frais sur les quais de la marina de Horta, sur l'île de Faial. Notre traversée- à- nous, elle a duré 28 jours, et oui. Pas ou peu de vent. Pas assez de gasoil pour accélérer les choses, alors on se débrouille. Avec le courant, avec les voiles, avec le spi, avec ses nerfs et son moral. Enfin, nous sommes tous là, sur les quais colorés de la marina. Du soleil, des vagues, le silence, la solitude, les grains, les baleines. Tout ça dans nos têtes, en un gros bouquet de souvenirs.

 

  

  

La marina a l'habitude de recevoir les transatlantiques: les douanes, l'immigration, la capitainerie, tout ça est vite fait. Les douches sont vastes, propres et chaudes. L'accueil est souriant, on nous donne une serviette et un savon. Les machines à laver tournent. On s'installe, et on va boire une bière.

Mais où? Mais chez Peter, bien sûr. C'est là que je vous ai donné rendez- vous, pour vous raconter. Chez Peter, c'est le « Café Sport », à Horta, sur la rue pavée qui longe la marina. Le mythique « Café Sport », où tant de navigateurs connus ou non, sont venus se réchauffer, se rafraichir, parler, écouter. On m'avait dit, j'avais lu, que les propriétaires, père, fils puis petit- fils, étaient des modèles de gentilesse. Et bien tout ça a disparu, parce que il y a un monde fou. Le succés a brouillé les cartes du jeu. Et on se retrouve tout bête et déçu, à une table en feuilletant les livres d'or, et en se disant: « C'était drôlement chouette du temps de Tabarly, Moitessier et d'autres, inconnus ». Mais bon, « Café Sport », c'est maintenant un logo, un site internet, une boutique, un musée.

 

  

Horta est une ville charmante. Je l'imagine dans un temps lointain, où les avions ne venaient pas encore. Je l'imagine en hiver. Le vent balaie les rues faites de pavés gris et noirs. Les vieux baleiniers rentrent dans le café aux murs lambrissés de bois rouges. Il pleut, bien sûr! Je l'imagine à la « Moby Dick »!

 

Mais je l'ai vu sous le soleil, en été, quand les avions viennent. Bien que ça ne soit pas un haut lieu touristique. Les rues sont toujours pavées, étroites et souvent les murs sont garnis d'azuléjos. Ou ils sont simplement blanchis. L'architecture est intéressante. Les maisons sont sérrées les unes contre les autres. Les fenêtres sont à guillotines, et les volets à persiennes vertes, toujours. Il y a de belles place avec des palmiers- dattiers, des cèdres, des tamaris. Des grosses églises dominent la ville. L'extèrieur est très austère, mais l'intèrieur est baroque, riche et doré à souhait! Des couvents, des petits jardins entourés de murs où poussent des bananiers. Aucune insécurité, les gens d'une gentillesse extraordinaire. La nourriture est excellente: fruits, légumes, fromages et des vins locaux tout- à- fait agréables. Le petit marché de la ville offre un choix de produits du pays qui font tout de suite envie, comme la délicieuse « Doce de Figo », de Maria Augusta Rodriges Matos Nunes! De lîle de Pico, j'oubliai!

 

 

  

Près de Horta, nous avons fait la belle balade qui monte en haut du Monte da Guia. Nous srplombont la mer aux bordures de couleur turquoise, digne des mers tropicales. Les oiseaux chantent à tue- tête, les petites fleurs des champs sentent bon. Nous revenons par la plage de Porto Pim. On y accède par un chemin adorabe et désuet bordé de tamaris.

 

Jean- Luc, notre équipier et frère, a repris l'avion. Nous, nous restons quelques jours afin de visiter encore des musées, voir des chef- d'oeuvres de « scrimshaw » qui n'est autre que de la gravure sur dents de cachalots ou sur os de baleines. Nous découvrons les sculptures en âme de branches de figuiers! C'est un peu kitch pour mon goût, mais tout de même extraordinaire! Nous déambulons dans les rues, les quartiers, et découvrons un tas d 'endroits adorables. La petite ville garde une unité architecturale parfaite.

 

  

Elle est complètement tournée vers la mer. Tout au long de l'année, s'y déroule des régates de bateaux traditionnels, de voiliers, de courses à l'aviron.

 

Le port de pêche est très actif, avec ses bateaux- jouets chargés de poissons. Plus loin, les traversiers arrivent des autres 8 îles soeurs.

 

  
Et Pico, l'île la plus proche, regarde tout ça, majestueuse, du haut de son sommet de 2500 mètre.

 

Nous louons une voiture et partons nous balader sur l'île. Une journée suffit à en faire le tour. L'île est propre, coquette. Les vaches sont dodues et paisibles. Les vieux moulins en bois et pierres ne tournent plus, mais sont toujours là.

 

Les forêts de cèdres sombres sentent bon. Ce sont vraiment des arbres des contes de Grimm! Il y a aussi beaucoup de beaux platanes et plein de figiuiers.

 

Les routes sont étroites, bordées de roses sauvages, d'iris, de lys, de llataniers. Mais surtout, SURTOUT etPARTOUT: LES HORTENSIAS. Par centaines, par milliers. Ils sont au bord des routes, en rangs serrés, épais et hauts de 2mètres! Ils recouvrent les colines, cachent les vaches, entourent les près, les maisons. Ils sont tous bleus, du bleu le plus parme, au bleu le plus violet. Parfois, il n'y a qu'eux et le vert des lointaines forêts de cèdres, et ça fait un paysage hallucinant, bleu.

 

Et puis il y a les volcans. Nous sommes montés au sommet de la magnifique et profonde Caldéra du centre de l'île. 3heures de marche pour arriver au- dessus du grand cratère. Magnifique. Puis nous avons continué sur le plateau, au bout du bout de la terre, pour voir quoi: la mer et les vaches grasses et imperturbables! Un bon petit vent frisquet nous fait marcher très vite.

 

Nous redescendons par une petite piste en lacets. Il y a peu de voitures sur l'île, et on peut ciculer tranquillement. Après un bon pique- nique en compagnie de nos copines les vaches, nous repartons cette fois- ci sur la cote nord. Brrrrr!!!! Quand on vient d'un pays où les plages sont faites de poussières de corail si blanc, hourlées de cocotiers et où la mer est turquoise, et où il fait chaud, évidemment, là, ça nous change! La plage est noire. Les falaises sont grises foncées. Les petites maisons sont faites de pierres de lave noire. La végétation, c'est uniquement de l'urze, bruyère endémique des Açores, et d 'une sorte d'arbousier. Pas de vaches, les gens sont où? Seule une vieille dame toute habillée de noir, nous regarde passer. Une autre sur la plage, ramasse des algues. Plus loin, dans un jardins sèchent les grands sacs où sont stockés ces algues. C'est austère et un peu triste.

 

 

  

  

Nous allons jusqu'au fameux volcan dos Capélhinos, dont un morceau a montré le bout de son nez en ...1958! Tout est cendre encore. On marche, et de grands nuages de poussière s'envolent. Tout est gris. Le vieux phare a eu plus que chaud puisqu'il a été recouvert de cendres.. Les oiseaux de mer tournent autour des caps. Les cris puissants et brefs des puffins cendrés glacent le sang! Ils sont loin les hortensias bleus et les près verts, de l'autre coté de l'île. Mais c'est beau, sauvage et minéral.

 

Aujourd'hui, nous quittons Faial, et sa jolie ville de Horta. Nous envoyons les voiles pour aller vers d'autres îles comme Sao Jorge et Terceira. Mais c'est une autre histoire. Une histoire pour une autre fois. A bientôt, à très bientôt.

 

 

  

  

Publié à 09:19, le 23/07/2008, Açores
Mots clefs : elephant vertbaleinesvolcansmer

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Anses d'Arlet

02:37, 26/03/2008 .. 2 commentaires .. Lien


Dernière escale avant de quitter la Martinique: les Anses d'Arlet, ou la vie tout doux- doudou...

 

 

Nous quittons le Marin. Le temps est beau avec un petit vent de 15 noeuds fort agréable. Pour la première fois, nous hissons notre nouvelle grand- voile. Nous voyons sur la mer argent la silhouette du rocher du Diamant.

 

 

Nous mouillons dans la belle baie de Grande Anse d'Arlet. Trois ans que nous n'y sommes pas venus. Je vais redécouvrir l'ambiance si antillaise du lieu.

 

 

Une petite « mamie », dans la rue du village, habillée d'une robe de madras, la tête coiffé d'un chapeau de paille, marche bras dessus- bras dessous avec ses deux petites filles agées de 16 et 17 ans.

  • Mais Mamie, à qui veux- tu que l'on dise bonjour à Paris?

En effet, la vieille dame ne sait pas qu'il y a des endroits comme son village où l'on se dit bonjour, même si on ne se connaît pas.

 

 

Le village de pêcheurs, Grande Anse. Une seule rue, tranquille. Des pêcheurs nettoient quelques poissons sur la plage. Les enfants piaillent en courant. Les vieilles femmes assises sur des chaises discutent en créole.

L'ombre des cocotiers est douce, la mer tendre, l'air chaud, la mer encore, si belle. Silence et beauté. Instant fragile.

     

 

 


Le Morne Champagne veille sur la baie. Le petit sentier qui le traverse unit les deux villages, celui de Grande Anse, et celui du Bourg. Le Bourg, c'est là où il y a l'église, la mairie, l'école, le collège.

 

 


La balade dans le morne dure 1 heure ou plus, suivant son humeur, la chaleur, ou l'envie de regarder autour de soi. La savane cottoie un petit plan d'eau. Les goyaviers nous régalent de leurs fruits. Parfois, on voit la mer, à travers les grands arbres. Les gommiers aux troncs rouges, et les fromagers qui étirent leurs branches. Un vent tiède nous rafraîchit dans la forêt sèche. Ca sent bon, odeurs chaudes et lourdes.

          

 

 

« Les lignes contiennent mal le désordre,

l'église fixe le ciel et déroule une hostie jusqu'aux lèvres de la mer.

Les bourgs recueillaient les sucres d'habitations

pour les offrir aux bateaux à grandes ailes.

Le bourg regarde toujours la mer, il attend le bateau,

et l'église lui assure comme une bénédiction »

Patrick Chamoiseau, La Martinique vue du ciel, HC éditions.

 

 

Le clocher de l'église regarde loin devant lui, jusqu'aux amériques.

Les pêcheurs vendent leur pêche et José vend ses fruits et légumes. Sous les carbets, ça discute dur. Nous sommes en pèriode des élections municipales.

 

 

Le soleil est de plus en plus chaud. En passant devant chez Béatrice, celle- ci nous dira que ce n'est pas encore tout-à-fait la saison des « balaous ». Poissons excellents surtout préparés par Béatrice! On se rend chez Pierre pour dêjeuner entre amis. La terrasse est arrosée par un doux alizé, les palmiers multipliants font une haie sérrée. Les fleurs étincellent au soleil et les petits oiseaux- colibris font du sur- place.

C'est un dimanche aux Antilles, sur une petite île si loin de la métropole.

 

A très bientôt pour de nouvelles histoires, mais nous préparons le prochain grand voyage, et je suis moins assidue! Mais je vous le promets, je reviens vous voir très vite.

 

Publié à 02:37, le 26/03/2008, Martinique
Mots clefs : filetcaraïbeselephant vertPêchevoiliermarché

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Les Roques, en pleine mer...

02:01, 18/01/2008 .. 0 commentaires .. Lien

 

Les Roques, archipel d'îles et îlots en pleine mer, au large du Venezuela.

Un camaïeu de bleus infini.

 

... J'aime bien voir les avions dans le ciel, la nuit. Elle est belle, la nuit. Vénus a brillé très fort. Elle est allée se coucher, et a laissé la place à Mars. Nous avons un compagnon de route, un voilier derrière nous. Je vois ses feux. Les conditions météo sont optimales pour faire la route.

...On est ce matin. Il est 9h, et nous entrons dans LE BLEU. Aigue marine- turquoise- opale. Des bleus de fête, des bleus de coloriages d'enfants, qui font même le ventre des mouettes bleu

 

 

 

Et puis, il ya des dédales de mangroves qui se terminent en eau, et plongent dans un vert doux et fragile. Très loin là- bas, après du bleu marine presque noir, l'écume blanche des vagues jaillit dans un bruit joyeux. Sur des fines langues de sable, des pêcheurs à la mouche, et oui, se parlent tranquillement. Les gros pélicans, bougons, nous disputent le droit de baignade.

Hors du temps. Sable- eau- marécages perdus sur l'océan.

 


 

 

 

Grande Roque, village au pied des grands rochers gris. Le phare, tout là- haut. Village fait de ruelles de sable, de maisons multicolores, de plantes grasses, de palmiers. Plus loin, la piste d'envol du mini aéroport, où les petits avions attendent de s'envoler vers Caracas.

 

 

 

 

 

Les noms des îles chantent et craquent: Noronsqui, Crasqui, Sarqui, Béquévé... Et l'eau qui file, si bleue et soudain un vol de flamans roses.Pffffffff...L'alizée est une caresse.

Nous sommes montés jusqu'en haut du phare. Les salines roses s'étendent à nos pieds, à coté du petit cimetière.

 

 

 

 

 

Je me balade seule sur une petite île dont j'ai perdu le nom. Je ramasse des coquillages...

... IL est bientôt 22h. Ca souffle et il y a de la mer. Nous repartons du paradis bleu. Nous sommes devant « La Orchilla », l'île de vacances de Hugo Chavez, el Présidente!... Loin de tout, en mer... Bonheur.

 

 

On se retrouve bientôt? Où? Je ne sais pas encore, mais vous verrez, ça sera une autre balade, une nouvelle découverte.

 

 

 


Publié à 02:01, le 18/01/2008, Los Roques Basin
Mots clefs : elephant vertlos roques

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Bons baisers de Martinique!

03:31, 31/12/2007 .. 0 commentaires .. Lien

Bons baisers de Martinique!

 

Au bout de 20 jours de mer, elle nous est apparue. Je m'en souviens, et pourtant il y a longtemps maintenant. Notre première vraie île tropicale. Je ne savais pas encore que les collines ici s'appelaient « mornes », que les arbres que je verrai seraient verts toute l'année. La mer bleue, et le soleil si chaud. Ce fût une belle histoire entre nous, pendant 14 ans. Avant de la quitter, je voulais vous la montrer. Je commence par les paysages de cette île si variée. Plus tard, je vous emmènerai au détour de « mes » jardins et de « mes maisons ».

 

1902, le volcan. La voilà, la Montagne Pelée.

 

 

 



Le matin vers 6H., je marchais tout le long de cette plage merveilleuse. Tout était calme, le village commencait à s'eveiller. Les coqs chantaient depuis longtemps déjà.

 

 

 

... et le pêcheur réparait ses filets. Douceur d'un moment...

 

 

Le légendaire cinéma « l'Atlas », dans le petit village des Anses d 'Arlet, qui a eu les honneurs de la presse nationale. Quatre vingt onze fauteuils en velour rouge. A l'entrée, Monsieur Athanase, projectionniste, nous remercie d'être venu, nous offre des bonbons... et nous raconte presque toujours le film! C'est un peu « La fiancée du Pirate ».

 

 

Depuis le Morne Acca, tout en bas- tout en bas, la grande baie du Marin, au sud de l'île.

 

 

Belles yoles de retour de la pêche. Demain, demain, elles iront « à miquelon »...

 

 


Je n'ai jamais vu de combats de coqs, et je n'en verrai jamais!! Mais voilà l'arène... On attend les coqs et les parieurs.

 

 

La forêt tropicale est exubérante et forte d'odeurs et de bruits. Je me souviendrai surtout du grincement des troncs des grands bambous lorsqu'ils frottent les uns contre les autres.

 

 

Petite case comme on en voit de moins en moins dans les villages de l'île. Et c'est dommage, elles devraient faire partie du patrimoine, de la mémoire.

 

 


Derrière les troncs droits des cocotiers, les Pitons du Carbet, bien dégagés, dans le nord de l'île.

 

 

Départ d'un tour de la Martinique des « yoles rondes », où l'île penche du coté où il y a un départ. Toute la Martinique est là. C'est fantastique

 

 

Souvent la petite route du Diamant est dans le vent et les grains. Toujours belle.

 

 


Noms magiques des yoles...

 

« ... deux barques bleues sont arrêtées. L'éclat du ciel est très fort. Il brouille la lumière, la ligne d'horizon et nous vole les îles. » Michel Cournot,

"MARTINIQUE"

 

 

 

 

Publié à 03:31, le 31/12/2007, Martinique
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La course de l'Elephant

04:11, 24/11/2007 .. 1 commentaires .. Lien
Notre balade de cet été à grands pas d'éléphant, de la Martinique au Vénézuela Publié à 04:11, le 24/11/2007, Mer des Caraïbes
Mots clefs : Croisièresvoilierelephant vert

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De Mochima aux Aves, au Venezuela

02:42, 6/11/2007 .. 3 commentaires .. Lien

DE MOCHIMA A TORTUGA

Voici une heure que nous sommes sortis des "Rias" de Mochima. La lumière du petit matin est très belle, et c'est enfin le calme. TOUTE la nuit, il y a eu de la musique. Forte, enfin, trop forte. A 5 h ce matin, la musique se mélangeait aux chants des coqs! Ce village enserré de montagnes, ne connait il donc jamais le repos? J'ai tout de même adoré la dernière chanson que j'ai pu entendre: "Ciao bella!"; peut-être un vieux truc latino, ou italien, avec de sacrés trémolos dans la voix cassée de l'interprète. Nous sommes en mer, et derrière nous, les montagnes sont rouges, complètement. Peu à peu, la brume de chaleur atténuera les couleurs, et nous ne verons plus que des plans de montagnes allant du gris foncé au gris le plus clair.

La mer devant nous est lisse, et il nous faudra mettre le moteur afin d'avancer. Le vent est complètement absent de la balade, comme souvent dans ces eaux là l'été. Histoire de politesse: les dauphins sont venus nous dire au revoir. Ils sont dix, vingt, trente... Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que ça souffle, ça saute, ça siffle. Et nous, toujours émerveillés, nous restons à l'étrave à les regarder, à les écouter.

UNE PARTIE DE PECHE SUR ELEPHANT VERT.

Ne me dîtes pas que les poissons ont faim vers midi, midi et demi. Et bien si! Nous avons souvent pêché à ce moment- là.
Jusque là, cet été, la pêche n'a pas été fabuleuse. Des poissons perdus ou ratés, les lignes de traînes pas à poste, parce que à la voile, ce n'est pas pratique... Et blablabla...
Aujourd'hui, il y a les deux lignes de traîne depuis ce matin 6h, nous marchons au moteur, toutes les BONNES conditions sont réunies.
Il est midi. Nous dégustons nos bières glacées, sur le pont. Il fait 34°.
Moi: « C'est curieux, normalement c' est vers midi que l'on prend du poisson. »
Fred: « Mmmm »
Nous buvons notre bière, et quoi de plus délicieux que la première gorgée! Le temps du repas arrive. Du pâté de canard sur une tranche de pain, le pain étant fait à bord, une salade de tomates/maïs/carottes, le tout bien frais... Mentalement, je me dis: « Bon, ce soir, que va-t-on manger? Omelette? Riz? Conserves? Ou SI il y a quelques pêcheurs à Tortuga, SI ils viennent nous proposer quelques poissons, ou des langoustes... Contre quelques bolivars, ou du rhum, ou des cigarettes...? A voir. »
« Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz » Ca c'est le bruit que fait une ligne de traîne quand un poisson a mordu. Et je ne sais pas si vous connaissez ce bruit, mais pour moi, il est très doux, plein de promesses, car je SAIS ce que l'on va manger ce soir! Pour Fred, c'est aussi un doux bruit, il aime la pêche.
L'affaire fut faite en 10 minutes. On relève, au bout de la traîne, une belle dorade coryphène . Le crochet à poissons et le couteau sont prêts. Et oui, chères âmes
sensibles... L'appareil photos est là, juste pour que vous voyez bien, et voilà, le tour est joué. La bestiole est à bord. Je rince le
Ah, me direz- vous, et dans l'action, qu'est devenue la salade que vous étiez entrain de manger? Et bien, elle était rangée et calée dans la cuisine, sur des sets de table anti- dérapants. Un bateau, ça bouge...
Il est 15 h. Un peu de vent arrive. Nous avons arrêté le moteur. Nous marchons au près bon plein, allure royale sur mer plate. Trois heures plus tard, nous arrivons dans le mouillage de l'île de Tortuga: Playa Caldéra. Au fur et à mesure de la soirée, les couleurs changent. La plage est rose, puis prend la douce couleur mauve qu' ont les lilas au printemps. Le sable est nacré. Puis le ciel se barde de grandes zébrures roses, orange vif et grises. Un nuage d'orage s'élève: gris sourd. Derrière lui, le coucher de soleil teinte le ciel de couleurs extravagantes. Les sternes ont un cri strident et volent aile dans aile. La soirée sera douce. poisson vidé, et hop, dans le réfrigérateur. Le pont est lavé du sang et des écailles, et oui, chères âmes sensibles. Et dans ma tête, je me dis: » Ce soir: grillé, demain, au four, après demain tarte au poisson... » Fred range l'autre ligne. Nous verrons un autre jour, lorsque nous aurons faim!

TORTUGA: PLAYA CALDERA.

Le chaudron? Le cratère? Oh oui, sûrement. Nous marchons sur la grande plage, et l'air est surchauffé. Sur l' île, le moindre brin d'herbe ou de bois semble calciné par tant de chaleur.Plein de minuscules lézards noirs circulent en laissant de jolis dessins de leurs pas zigzaguants. La superbe et longue plage est difficile à regarder sans lunettes de soleil, tellement le sable est blanc. A ses pieds: l'eau. L'eau transparente, l'eau turquoise. L'eau profonde. L'eau rafraîchissante même si elle est à 29°. Et nous y plongerons avec bonheur...
.

LOS AVES: LES OISEAUX EN ESPAGNOL.

... Et nous quittons l'île de la Tortuga. Nous sommes en mer, toujours en vue de l'île. Il fait vraiment très chaud et il n'y a pas un souffle de vent. Allons- nous faire au moteur, les 110MN qui nous séparent des îles Aves? Non, impossible. Le ciel est couvert, laiteux. L'après- midi va se dissoudre dans le temps, avec pour bruit de fond, le
Ca y est, cette fois, le vent est « rentré ». Nous avons arrêté le moteur, et nous marchons sous voiles, confortablement, travers/grand largue, sur une mer belle. Le soleil se couche, et au loin, d'énormes poissons sautent hors de l'eau en faisant de grandes gerbes. Sûrement chassent- ils. Le ciel devient rouge, en profite pour roser et nacrer les voiles. C'est beau. La lune se lève. Cette nuit elle est complètement pleine. Ca sera notre compagne, blanche, ronde, éclatante et bienveillante.
... La nuit est terminée, avec son cortège de quarts de veilles. Un cargo seulement, très loin, nous a croisé. Nous avons vu les phares des îles des Roques. C'est toujours un instant magique, les phares, même à l'heure du GPS. On les aperçoit sur l'horizon, on compte les éclats, et on sait que c'est tel phare. On regarde sur la carte. C'est bon, on longe bien l'archipel. Il faut être attentifs, car les îles sont très basses, et les récifs dangereux.
Le soleil commence à montrer ses rayons, et le vent force. Nous sommes maintenant vent- arrière, et mettons les voiles « en ciseau ». C'est à dire, génois tangonné d'un coté, et grand- voile de l'autre. Les AVES sont maintenant à
ronronnement du moteur... Seuls les deux baracudas pêchés vont nous réveiller de notre torpeur! Mais Fred connait un « truc » pour faire venir le vent: gratter doucement le mat ou le pont, car siffler n'est pas bon: trop de vent arrive, voire la tempête!!!!.Grattons, grattons, pourquoi pas, en tous les cas, ça ne fait pas de mal! Vous ne me croirez pas, mais quelques instants plus tard, la mer se ride, et les pavillons qui pendaient lamentablement, semblent avoir quelques véléité d'envol! Ben oui, il y a des astuces comme ça, de vieille marine! 30MN, il est 9h, nous y serons en début d'après- midi, si nous maintenons notre vitesse. Nous allons devoir empanner. La mer est plus chahuteuse, plus blanche. Nous empannons doucement, et CRAC, la grand- voile se déchire tout du long, en dessous du 2ème ris. Ca fait toujours mal lorsqu'une voile souffre, mais celle- ci est bien vieille, et une nouvelle nous attend chez le voilier, en Martinique. Nous affalons, et restons seulement sous génois et artimon. Le vent est repassé grand- largue, et nous continuons notre chemin à 6noeuds de vitesse.
... Je plisse les yeux, et la- bas, très loin, mais vraiment très loin, j'aperçois quelque chose qui ressemblerait à une terre, minuscule et très basse... Magique magique cet instant là. De plus, nous sommes deux à voir la même chose. Pas de doute, ce sont les AVES.
Nous sommes impatients d'arriver. Nous allons les découvrir, mais la navigation à voile est un jeu de patience... La terre se rapproche, près, de plus en plus près. Et le vent faiblit, mais la côte se dessine de plus en plus précisément. Une longue ligne verte, des arbres qui
Nos yeux sont assaillis par un bleu turquoise intense, une fois que nous tournons la pointe. Quelques bateaux sont à l'ancre, devant un paysage sublime, désert et sauvage. Pendant tout le temps que nous resterons là, nos seuls compagnons seront les oiseaux. Des centaines d'oiseaux. Des fous de Bassan en majorité. Des échassiers, quelques grandes frégates et de rares pélicans. Tout cela traverse le ciel bleu, se juche en haut des arbres, au milieu des palétuviers. Et dans un concert de cris divers, ils se font la cour, construisent des nids, couvent des oeufs, nourrissent les petits, vont pêcher, se disputent... Et nous regarderons le grand spectacle de la nature, fascinés. dépassent, un phare sur une langue de sable très blanc. Mhmhmh, ça sent bon la « terra incognita ».


Comme bruit, nous n'aurons que celui du vent et celui des grandes vagues qui claquent sur le récif. Celles- ci en roulant, emportent parfois des bancs de poissons dans leur écume bleutée. Comme couleurs, nous n'aurons que du bleu, du plus transparent au plus sombre, en passant par toute la gamme. Comme loisirs, nous irons voir les poissons aux milles couleurs. Nous marcherons le long des mangroves afin d'épier et de prendre des centaines de photos d'oiseaux. Nous caresserons les galets de corail, si blancs, si beaux.

Nous irons nous balader sur une mini- île, au large du mouillage. Nous en ferons le tour complet. Avec Marie- Jo, suivie de son chien Réglisse, nous ramasserons des tas de coquillages, allant de rochers en plages, en toute liberté.
Nous rajouterons le nom de notre bateau au petit emplacement réservé aux gens qui sont passés sur ces terre du bout du monde. Certains ont fait de beaux dessins, d'autres un décor surréaliste et naturel. Nous verrons une raie majestueuse près du bord de la plage. Plus tard, sur une autre île, nous verrons une raie manta, presque sur la plage. Un crabe rouge, vert et bleu se terrera dans un trou d 'eau en nous voyant arriver. Au loin, dans la mer striée de bleus, une petite tortue plongera tranquillement. Nous verrons aussi, un matin, les traces d'une tortue luth, sur la petite plage de sable, ainsi que l'emplacement de plusieurs de ses nids, les faux et le vrai.


Le phare de l' île ne marche pas. Fred et Bernard grimperont en haut du pylône en espérant pouvoir faire quelque chose. Peine perdue, c'est le panneau solaire qui est fichu.
Nous faisons également pas mal de cuisine sur les
bateaux: crêpes à la crème de marrons ou au chocolat de Bernard, ou la soupe de poissons de Fred. Je vous donne la recette, comme si c'était VOUS qui aviez pêché les poissons, dans des îles doucement ensoleillées et saturées de bleu... Sinon, et bien allez chez le poissonnier.


Dans une grande cocotte, faire bouillir 2 litres d'eau assaisonnés de poivre, de sel. Ajouter 3 piments de Cayenne, une cuillère à soupe de curry, du piment d' Espelette ( et oui!!), 2 échalotes coupées en petits morceaux, 3 gousses d'ail pressées, 2 feuilles de laurier ou de bois d' Inde. Ajouter du vin blanc et de la tomate fraîche ou en boite.
Mettre ensuite les têtes et les queues de poissons. Si vous avez quelques crustacés, à savoir: petits crabes, têtes et carapaces de langoustes, calamars, les ajouter.
Laisser cuire tout cela quelque temps que ça prenne le goût. Puis, ajouter les morceaux des différents poissons, pêchés ou achetés. Vous les couperez grossièrement. Vous en réserverez quelques morceaux, et les mettrez de coté. Laissez cuire le contenu de la cocotte le plus de temps possible, environ une bonne heure. Passez ensuite le tout à la moulinette. Filtrez grossièrement.Tout remettre à cuire en ajoutant dans la soupe les morceaux de poissons que vous avez réservés. Lorsqu'ils sont cuits, servez votre soupe. N'oubliez pas le fromage râpé, les croûtons aillés, la rouille et l'ailloli.Servir avec un petit vin blanc très frais, par exemple, de l'Altagracia ( vin Venezuelien), ou un Santa Héléna ( vin Chilien). Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un très bon appétit!



Nous repartons, et laissons ce tracé d' îles derrière nous. Nous n'avons presque plus d' eau douce, plus de fruits et de légumes. Salut à vous, tous les oiseaux, les poissons. Les plages, les vagues... CIAO... CIAo, CIao, Ciao, ciao......................
Trois petites voiles, et l'Eléphant s' en va... Je vous donne rendez- vous très bientôt . Je vous raconterai les
Roquès et les fabuleux oiseaux de Carénéro.

Publié à 02:42, le 6/11/2007, Mer des Caraïbes
Mots clefs : antillesvoilierelephant vert

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Balade au Venezuela

11:42, 20/09/2007 .. 5 commentaires .. Lien

Elephant Vert et son équipageElephant vert et ses compagnons

BALADE AU VENEZUELA, ENTRE MARGARITA ET CUMANA.
Comme je n'ai pas envie d'écrire des lettres circulaires, mais que j'ai tout de même envie de raconter, de dessiner, de photographier mes voyages, j'ai pensé que je pourrai faire tout ça à travers un blog. Alors si ça vous dit, lisez moi pour partager ces moments de découvertes, de vieux rêves. De tous ces moments piqués sur le vif, qui à chaque fois étonnent et donnent envie d'aller plus loin. Toujours.
Comme le moment des cyclones arrivait, nous avons quitté la Martinique. En effet, deux jours après notre départ, le cyclone Dean traversait l' île, en laissant pas mal de dégâts derrière lui. Saison détestable, où le pire peut arriver à tous moments. Nous, nous étions arrivés sur les petites îles des Testigos, premiers morceaux de terre venezuelienne. Nous avons changé plusieurs fois de mouillages afin de suivre la rotation du vent. même si ce n' était pas toujours très confortable, nous n'avons eu aucun problème.

 

Il ne fait pas toujours beau sous les tropiques...

Le mauvais temps passé, l' Eléphant et nous avons continué le voyage, en passant par l' île « immeubles » qu'est Margarita, l'île déserte qui nous attire comme un aimant, la Blanquilla. Mais le mauvais temps s'amuse avec nous, et Félix, tempête tropicale, montre le bout de son nez. D'après les données météo, Félix doit passer près de nous, trop près à notre goût. Après un apéritif très agréable sur un bateau ami, à minuit, nous voici entrain d'envoyer les voiles. Nous sommes 6 bateaux dans le mouillage, 18 heures plus tard, nous arriverons tous les six sur le continent vénézuélien, à Mochima, dédale de baies, d' anses secrètes, d'îles et îlots, le tout enrobé de vert et enrubanné du bleu de la mer.

Pourpre minéralLe lendemain, à quelques heures de navigation, nous partons voir si l'endroit étonnant appelé Laguna Grande, est toujours aussi étonnant, aussi rouge. Oui, oui, c' est toujours beau. Les montagnes sont rouges sang, et on entre par une faille moyennement étroite. Devant nous , le site somptueux de Laguna Grande. Suivant la lumière, les couleurs des montagnes sont tour à tour rouges, ocres, sienne, marron. Un ourlet de verdure les souligne parfaitement. Où poser les yeux sur tant de beauté? La nuit viendra brusquement, comme toujours sous les tropiques. Le ciel du mois d'août ou septembre affiche complet en ce qui concerne les étoiles, le savez- vous? Le silence est total. Ah non, seulement le hululement de deux hiboux accompagnera la soirée, vierge de lumières et de bruits. Le plan d'eau est tellement calme, qu' aucun clapotis ne viendra caresser la coque de l' Elépant. Moments magiques où l'on retient sa respiration... Le lendemain matin, sur les rochers à deux pas de nous, un couple d' aigles va se réveiller, étendre leurs ailes au soleil, et s'envoler dans le pourpre minéral.

Après ces moments de réconciliation avec « tout »!, nous traversons le golfe de Carriaco, et allons dans la grande ville deLe marché
Nous faisons un beau marché pour quelques bolivars seulement, en terminant par l'achat de belles sardines d'un argent vif et brillant.
Cumana. A peine arrivés dans la marina, les amarres attachées, nous partons pour le superbe marché de la ville. Le bus poussif et brinquebalant est bondé comme toujours. Contraste avec Laguna Grande, car dans la ville, sur le marché, c' est la foule, le bruit, la musique, les voitures qui claxonnent. Le soleil est brûlant et la lumière de midi écrase la ville. Mais c'est tout de même fantastique de vie, une ville sud- américaine. Des fruits, des montagnes de fruits: goyaves, maracujas, bananes, pastèques, et je rêve, même des FRAISES, venues des montagnes de la lointaine cordillère. Le vert des salades cotoie le vert des courgettes , les oignons sucrés s' étalent à coté des pommes de terre brunes. Un marchand d' oiseaux vante la beauté de ses deux toucans, malheureusement enfermés dans leur cage étroites. J'ai envie d'ouvrir toutes les cages...

l'iguaneAprès avoir bu avec bonheur une bière glacée sous une tonnelle d' une fraîcheur revigorante, nous partons visiter une « tabaqueria », ou si vous préférez, une fabrique de cigares. Marie- Jo et Bernard du bateau « Taille la Zone » nous accompagnent. Nous traversons le grand parc de la vieille ville. Les arbres ont des racines comme des pattes d'éléphants, surtout un énorme fromager. Les cocotiers s' élancent à l'assaut d'un ciel sans nuage, et ici, les palmiers sont royaux. Le fleuve marron traverse le jardin. Deux ou trois gros iguanes grimpent lestement dans les arbres et changent de couleurs. Le soleil nous fait des clins d'oeil à travers les feuilles des grand arbres, là haut, tout là haut dans le ciel.
Dans les rues, ça sent l'huile chaude où cuisent les « empenadas », beignets fourrés de viande ou de légumes.Les trottoirs sont encombrés par des marchands « de tout ». La musique crie dans les hauts- parleurs, les gens s'interpellent. Attention touristes à vos sacs, à vos caméras ou appareils photos. Un monsieur me montre sa carte de policier. Je doute qu' elle soit vraie! Marie- Jo s' achète un jus de canne à sucre glacé, avec plein de quartiers de citrons verts. C'est acidulé et sucré à la fois.

 

aquarelleLa première fabrique de cigares que nous visitons est tout de même importante, avec quelques 30 employés, principalement des femmes.
L' atelier est assez bien aéré, avec les petites tables de chaque « rouleuse ». Devant elles des paquets de feuilles différentes triées, qu' elles plient, déchirent et roulent avec une dextérité impressionnante. Les cigares ne sont fermés par les bouts que plus tard lorsque l'ouvrier spécialisé aura mis la dernière feuille très fine, la « cape ». Plus loin, les femmes trient et dénervurent les grandes feuilles de tabac marron, rousses, terre ombrée, ocre rouge. Ca sent le tabac à plein nez. Des serres en bois servent à donner la forme oblongue et régulière du cigare.
Les ouvriers gagnent environ 450.000 bolivars par mois, ce qui équivaut à environ 100 euros, pour 9 heures de travail par jour. Pour le niveau de vie du pays, cela est égal à un petit smic en France. Nous quittons la « Cumanesa » en même temps que la rue au nom délicieux de « calle Carabobo ».

FabriqueNous avons cherché l'autre fabrique, la «Don Quijote ». Nous avons tourné et retourné dans les rues, demandé notre chemin une dizaine de fois. On nous dit, tous sourires dehors « par aqui, la secunda, a la derecha... » Et nous allons, revenons, repassons... Et ce sont encore des sourires, des « amigos » en veux- tu- en voilà! Enfin, au coin d'une rue, tout un groupe de gens, plus une voiture de police qui passait par là, nous indiquent la fameuse « tabaqueria ». Un gentil monsieur nous accompagne même jusqu' à la porte minuscule, fermée par des grilles., dans une rue déserte aux maisons basses, aux couleurs crues. Coté ombre, c'est frais. Coté soleil, aie, c'est chaud.
Une petite dame d'un certain âge vient nous ouvrir, les mains tâchées de teinture de tabac. Elle nous fait de grands sourires et nous entrons... dans sa maison- atelier « Don Quijote ». Nous traversons des pièces minuscules encombrées de caisses en carton, de piles de feuilles de tabac. Ca sent le tabac. La petite dame travaille avec son fils et sa belle- fille.. Dans une pièce fermée, les feuilles fermentent. Lorsque José ouvrira la porte il semble que l'on a fumé d'un coup une dizaine de cigares! C'est très vite irrespirable. Odeurs de tabac sec, chaud ou humide, au choix. Des cigares sont empilés les uns sur les autres, impeccablement roulés. Bernard et Fred héritent chacun d'un corona, c'est- à- dire d'un cigare d'une taille correcte. Nos hôtes sont sympathiques et ravis de notre visite. Le petit garçon du jeune couple joue avec un énorme « spider man » en tissu, coincé entre l'évier de la cuisine et un tas de feuilles de tabac plus haut que lui.
Nous retrouvons la rue, la foule, la lumière aveuglante et la chaleur, le nez rempli de l'odeur âcre du tabac

Publié à 11:42, le 20/09/2007,
Mots clefs : elephant vertvoilier

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