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L'Eléphant au pays des hortensias.

09:19, 23/07/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Ile de Faial, ou l'Eléphant au pays des hortensias.

 

 

«  Alors, comment ça s'est passé pour vous? »

«  Pas de vent, le bateau posé... »

« Oh nous, pareil! »

« Ca fait la 15e traversée que je fais sur les Açores, et depuis quelques années, pas de vent, sauf... l'an dernier »

« De toutes façons on ne peut rien prévoir, en arrivant sur Florès, nous avions un bon 3O noeuds »

«  C'est fou, ça. Nous ici, 10 noeuds à tout casser ».

Et voilà. Ce sont les discussions que l'on peut entendre, lorsqu'on débarque tout frais sur les quais de la marina de Horta, sur l'île de Faial. Notre traversée- à- nous, elle a duré 28 jours, et oui. Pas ou peu de vent. Pas assez de gasoil pour accélérer les choses, alors on se débrouille. Avec le courant, avec les voiles, avec le spi, avec ses nerfs et son moral. Enfin, nous sommes tous là, sur les quais colorés de la marina. Du soleil, des vagues, le silence, la solitude, les grains, les baleines. Tout ça dans nos têtes, en un gros bouquet de souvenirs.

 

  

  

La marina a l'habitude de recevoir les transatlantiques: les douanes, l'immigration, la capitainerie, tout ça est vite fait. Les douches sont vastes, propres et chaudes. L'accueil est souriant, on nous donne une serviette et un savon. Les machines à laver tournent. On s'installe, et on va boire une bière.

Mais où? Mais chez Peter, bien sûr. C'est là que je vous ai donné rendez- vous, pour vous raconter. Chez Peter, c'est le « Café Sport », à Horta, sur la rue pavée qui longe la marina. Le mythique « Café Sport », où tant de navigateurs connus ou non, sont venus se réchauffer, se rafraichir, parler, écouter. On m'avait dit, j'avais lu, que les propriétaires, père, fils puis petit- fils, étaient des modèles de gentilesse. Et bien tout ça a disparu, parce que il y a un monde fou. Le succés a brouillé les cartes du jeu. Et on se retrouve tout bête et déçu, à une table en feuilletant les livres d'or, et en se disant: « C'était drôlement chouette du temps de Tabarly, Moitessier et d'autres, inconnus ». Mais bon, « Café Sport », c'est maintenant un logo, un site internet, une boutique, un musée.

 

  

Horta est une ville charmante. Je l'imagine dans un temps lointain, où les avions ne venaient pas encore. Je l'imagine en hiver. Le vent balaie les rues faites de pavés gris et noirs. Les vieux baleiniers rentrent dans le café aux murs lambrissés de bois rouges. Il pleut, bien sûr! Je l'imagine à la « Moby Dick »!

 

Mais je l'ai vu sous le soleil, en été, quand les avions viennent. Bien que ça ne soit pas un haut lieu touristique. Les rues sont toujours pavées, étroites et souvent les murs sont garnis d'azuléjos. Ou ils sont simplement blanchis. L'architecture est intéressante. Les maisons sont sérrées les unes contre les autres. Les fenêtres sont à guillotines, et les volets à persiennes vertes, toujours. Il y a de belles place avec des palmiers- dattiers, des cèdres, des tamaris. Des grosses églises dominent la ville. L'extèrieur est très austère, mais l'intèrieur est baroque, riche et doré à souhait! Des couvents, des petits jardins entourés de murs où poussent des bananiers. Aucune insécurité, les gens d'une gentillesse extraordinaire. La nourriture est excellente: fruits, légumes, fromages et des vins locaux tout- à- fait agréables. Le petit marché de la ville offre un choix de produits du pays qui font tout de suite envie, comme la délicieuse « Doce de Figo », de Maria Augusta Rodriges Matos Nunes! De lîle de Pico, j'oubliai!

 

 

  

Près de Horta, nous avons fait la belle balade qui monte en haut du Monte da Guia. Nous srplombont la mer aux bordures de couleur turquoise, digne des mers tropicales. Les oiseaux chantent à tue- tête, les petites fleurs des champs sentent bon. Nous revenons par la plage de Porto Pim. On y accède par un chemin adorabe et désuet bordé de tamaris.

 

Jean- Luc, notre équipier et frère, a repris l'avion. Nous, nous restons quelques jours afin de visiter encore des musées, voir des chef- d'oeuvres de « scrimshaw » qui n'est autre que de la gravure sur dents de cachalots ou sur os de baleines. Nous découvrons les sculptures en âme de branches de figuiers! C'est un peu kitch pour mon goût, mais tout de même extraordinaire! Nous déambulons dans les rues, les quartiers, et découvrons un tas d 'endroits adorables. La petite ville garde une unité architecturale parfaite.

 

  

Elle est complètement tournée vers la mer. Tout au long de l'année, s'y déroule des régates de bateaux traditionnels, de voiliers, de courses à l'aviron.

 

Le port de pêche est très actif, avec ses bateaux- jouets chargés de poissons. Plus loin, les traversiers arrivent des autres 8 îles soeurs.

 

  
Et Pico, l'île la plus proche, regarde tout ça, majestueuse, du haut de son sommet de 2500 mètre.

 

Nous louons une voiture et partons nous balader sur l'île. Une journée suffit à en faire le tour. L'île est propre, coquette. Les vaches sont dodues et paisibles. Les vieux moulins en bois et pierres ne tournent plus, mais sont toujours là.

 

Les forêts de cèdres sombres sentent bon. Ce sont vraiment des arbres des contes de Grimm! Il y a aussi beaucoup de beaux platanes et plein de figiuiers.

 

Les routes sont étroites, bordées de roses sauvages, d'iris, de lys, de llataniers. Mais surtout, SURTOUT etPARTOUT: LES HORTENSIAS. Par centaines, par milliers. Ils sont au bord des routes, en rangs serrés, épais et hauts de 2mètres! Ils recouvrent les colines, cachent les vaches, entourent les près, les maisons. Ils sont tous bleus, du bleu le plus parme, au bleu le plus violet. Parfois, il n'y a qu'eux et le vert des lointaines forêts de cèdres, et ça fait un paysage hallucinant, bleu.

 

Et puis il y a les volcans. Nous sommes montés au sommet de la magnifique et profonde Caldéra du centre de l'île. 3heures de marche pour arriver au- dessus du grand cratère. Magnifique. Puis nous avons continué sur le plateau, au bout du bout de la terre, pour voir quoi: la mer et les vaches grasses et imperturbables! Un bon petit vent frisquet nous fait marcher très vite.

 

Nous redescendons par une petite piste en lacets. Il y a peu de voitures sur l'île, et on peut ciculer tranquillement. Après un bon pique- nique en compagnie de nos copines les vaches, nous repartons cette fois- ci sur la cote nord. Brrrrr!!!! Quand on vient d'un pays où les plages sont faites de poussières de corail si blanc, hourlées de cocotiers et où la mer est turquoise, et où il fait chaud, évidemment, là, ça nous change! La plage est noire. Les falaises sont grises foncées. Les petites maisons sont faites de pierres de lave noire. La végétation, c'est uniquement de l'urze, bruyère endémique des Açores, et d 'une sorte d'arbousier. Pas de vaches, les gens sont où? Seule une vieille dame toute habillée de noir, nous regarde passer. Une autre sur la plage, ramasse des algues. Plus loin, dans un jardins sèchent les grands sacs où sont stockés ces algues. C'est austère et un peu triste.

 

 

  

  

Nous allons jusqu'au fameux volcan dos Capélhinos, dont un morceau a montré le bout de son nez en ...1958! Tout est cendre encore. On marche, et de grands nuages de poussière s'envolent. Tout est gris. Le vieux phare a eu plus que chaud puisqu'il a été recouvert de cendres.. Les oiseaux de mer tournent autour des caps. Les cris puissants et brefs des puffins cendrés glacent le sang! Ils sont loin les hortensias bleus et les près verts, de l'autre coté de l'île. Mais c'est beau, sauvage et minéral.

 

Aujourd'hui, nous quittons Faial, et sa jolie ville de Horta. Nous envoyons les voiles pour aller vers d'autres îles comme Sao Jorge et Terceira. Mais c'est une autre histoire. Une histoire pour une autre fois. A bientôt, à très bientôt.

 

 

  

  

Publié à 09:19, le 23/07/2008, Açores
Mots clefs : elephant vertbaleinesvolcansmer

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