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Le Rio Guadiana
05:35, 3/12/2008
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Mémoire du fleuve: le Rio Guadiana. Naviguer sur un fleuve est totalement différent que de naviguer sur la mer. D'abord l'eau est douce! Enfin presque! Vous me direz: ça ne change pas grand- chose. D'accord, mais dans la tête, ça change tout. Et puis c'est la première fois que nous naviguons sur un fleuve. Nous sommes sortis presque à l'étal de la Lagune de Faro. Dans la Lagune, c'est calme. L'eau est plate et une légère brume adoucit le paysage. Il fait beau. Dans la passe, ça secoue un peu. Des pêcheurs dans leur petite barque, se font chahuter.
Dehors, rien, pas un souffle. Nous naviguons avec nos copains Régine et Gérard. L'entrée du Rio Guadiana est à 28 miles nautiques. Nous avons toute la journée pour arriver là- bas à marée montante. Et oui, il faut tenir compte de tout ça! Nous marchons à la voile, tranquillement. L'air est doux. Il y a quelques voiliers sur l'eau et pas mal de pêcheurs du dimanche. La côte est plate et sableuse.
Nous arrivons aux premières bouées de balisage du fleuve, qui sont assez au large. La passe est grande, avec à moment donné, très peu de fond, même à marée haute. Nous voyons de chaque coté des jetées, au loin, les 2 villes: Vila Réal pour le coté portugais, et Ayamonte, pour le coté espagnol. Celle- ci semble bien jolie, toute blanche.
Nous mouillons après le port de pêche, coté espagnol, coté Ayamonte. Il va falloir vous y faire! Un peu plus loin, un grand pont suspendu, nous passerons dessous bientôt. Lundi matin. Nous débarquons à la marina d'Ayamonte. Nous espérons bien réserver une place pour notre bateau, le temps que nous serons en France. Et bien non! Pas de place pour un bateau de notre taille. Elles sont toutes réservées depuis le mois de juillet. Nous sommes déçus, car il nous faut aller plus loin, et nous voulons rentrer en France dans le prochains jours. Nous restons la journée dans le jolie ville si andalouse. Petite ville aux multiples azulejos de belles couleurs. De belles places fleuries de bougainvillées, de jasmins, d'hibiscus, de palmiers.
Mhmh, les petits bistros où il fait bon prendre une bière accompagnée des fameux tapas. Un accordéoniste joue des airs de tango. Les ruelles étroites s'éparpillent dans la ville. Les balcons sont en fer forgé tarabiscoté, avec de lourds géraniums suspendus. Pas de doute, nous sommes bien en Andalousie. Nous décidons de remonter le fleuve pendant quelques jours, avant d'aller quelques 30 miles plus loin sur la côte, en espérant trouver une place pour l'Eléphant.
... Et ce matin, nous passons sous le pont suspendu. Il est à 22m50 de hauteur, et le grand mat mesure 17m. Nous avons de la marge, mais tout de même, c'est sacrément impressionnant! Nos amis sont devant nous, ils connaissent déjà. Au début, les rives sont saccagées coté espagnol, par des immeubles en chantier provisoire/définitif. On a ratiboisé les collines pour faire des golfs. Il y a 18 terrains de golf autour de la petite ville d'Ayamonte... Le coté portugais est plus plaisant.Le temps est gris. Il pleut une pluie fine de fin d'été.
Nous marchons au moteur. Il n'y a pas de vent. Le ciel s'éclaircit. Les rives sont bordées de très grands roseaux, « las canas », icônes du fleuve. Oh, des cigognes là-bas, et plus loin, des hérons... Nous glissons. Le soleil commence à nous réchauffer. Le paysage change. Des vieilles maisons en ruine, d'autres sont rénovées. Les rives sont plus hautes. les grands tilleuls frissonnent au vent de septembre. Les oliviers croulent sous leurs fruits. Les figuiers cotoient les chênes- lièges. Dans une maison isolée, au bord du fleuve, une petite dame nous fait de grands bonjours.
Nous sommes dans un monde d'eau douce, sinueuse, pour le moment tranquille, verteet marron. La campagne autour est paisible.Le fleuve, grande artère vivante qui traverse les pays au grés de son envie. Quelques 3 heures plus tard, nous atteignons notre premier village sur le Rio: Foz de Odeleite. Il est minuscule, avec un petit ponton et quelques voiliers. Nous laissons descendre la chaine. Floc floc floc. C'est beau.
Je vous raconterai plus tard le reste du fleuve, ce bout de monde enchanteur. A bientôt...
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