Elephant Vert, escales et rencontres

Entre eau et sable: la Lagune de Faro

09:05, 9/11/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Entre eau et sable: la lagune de Faro
Il est 8h. Nous venons de quitter Portimao. Le vent est absent, la mer est complètement plate. Le temps est doux et beau. Nous rencontrons beaucoup de pêcheurs, de perches balisant des casiers ou des filets. Les falaises sont dorées sous le soleil. Le phare de Portimao a belle allure dans le ciel bleu. La côte est hérissée de villas, des sempiternels immeubles, heureusement moins hauts et moins nombreux que du coté ouest de la région. Plus nous approchons de Faro, plus les falaises deviennent côte de sable, très basse. Vite, nous ne voyons plus qu'une ligne mince, à l'infini. Comme un mirage dans tout ce sable, la grande ville de Faro se dessine sur l'horizon poudré et flou.
Au milieu de l'après- midi, nous voici devant l'entrée de la lagune de Faro. Nous nous présentons à la bonne heure en tenant compte de la marée. L'entrée est étroite. Il y a encore pas mal de courant et une petite barre s'est formée. Ça bouillonne sur quelques mètres alors que nous sommes déjà rentrés! D'un coté, le bout de la jetée, avec en bas, de gros rochers, et en haut, des pêcheurs à la ligne, pacifiques! De l'autre coté, du sable et l'autre jetée. Et nous voici pour de vrai dans la lagune.

 


Nous cherchons un bon mouillage, pas trop près de l'entrée. Le vent souffle fort maintenant, et soulève des petites vagues courtes aux crêtes blanches. La mer est presque haute. Nous mouillons devant la petite île de Culatra, devant le village du même nom.

 


L'endroit me fait étrangement penser au Bassin d 'Arcachon. En plus petit. L'île de Culatra donne d'un coté sur la mer, de l'autre, sur la lagune. La lagune change de « tête » à marée basse. Elle devient « prairie », entrecoupée de chenaux et de petits cours d'eau. Du bleu de l'eau, elle passe au marron clair , ocre, le sépia du sable mouillé, et elle est maintes fois caressée par le flux et le reflux de la mer.
Mes pieds s'enfoncent un peu dans la vase. Il fait frais ce matin tôt. J'ai décidé d'aller ramasser des « coques », petits coquillages ronds et joliment plissés. La cueillette est facile: gratter le sable, et dessous, les coques, par centaines. Toutes les femmes du village sont là. Je pense que c'est une de leur principale occupation. Elles sont toutes courbées, avec leur petit panier rond aux pieds. Elles grattent, creusent le sable à l'aide d'une sorte de hachoir. Pour moi, ça sera plus simple avec les doigts. Je retrouve les gestes et les sensations de mon enfance, lorsque je marchais sur l'étendue si grande du Bassin d'Arcachon!

 


J'ai ressenti les mêmes odeurs de vase, de sable chaud et mouillé, et l'odeur entêtante de l'armoise. J'ai entendu bruisser doucement dans le vent, les oyats échevelés. J'ai vu les grands chardons bleus s'étaler dans les creux de sable sec et brûlant au soleil de midi.

 

 

 J'ai entendu le bruit de l'océan, de l'autre coté de l'île, battre la chamade. Odeurs, sensations et gestes, retrouvés naturellement.J'ai ramassé des huitres sauvages dans ce paysage éphémère. Avec nos copains Régine et Gérard, nous sommes allés coté océan, ramasser des belles moules noires et luisantes de la marée. Nous les dégusterons ensuite avec des frites croustillantes.
Près de nous, des pêcheurs de coquillages tirent leur nasse accrochée sur leur dos. Ils raclent le sable avec de l'eau aux chevilles. Ils remontent leurs filets sur la plage, et dans le soleil, étincellent des centaines de télines, petits coquillages plats et lisses, de toutes les couleurs de la nacre. Les femmes les trient ensuite sur la plage. Les coquillages seront vendus aux restaurants ou sur les marchés.

 

 


J'ai aimé le petit village de Culatra. Les maisons sont dans le sable, les ruelles sont en sable. Pas de voitures, pas de bruit. Il y a tout de même 2 épiceries, quelques bistrots, une petite école et une chapelle très blanche. Les rues sont bordées d'hibiscus, de figuiers, de bougainvillées. Ça sent le thym, le curry, l'iode, les sardines grillées. Au bout de l'île, le phare de Faro, qui ressemble à un doigt.

 

 

 

 
Le ciel est bleu, émaillé de nuages blancs et joufflus. Les goélands crient à qui mieux- mieux. Les pêcheurs nettoient leurs filets. Les barques colorées se dandinent dans le petit port. Au loin, dans le violet de fin de ciel, juste là où il rejoint le sable ou l'eau, des cigognes élégantes piochent leur nourriture dans le sable. Idyllique tout ça? Oui, je crois. Et je respire avec bonheur ce coin de sable et d'eau. Terre suspendue dans l'irréel, encore sauvée du béton et d'un tourisme dévastateur!

 

 

 
Nous sommes allés dans la petite ville d'Olhon, là- bas, de l'autre coté du profond chenal. Un bateau de pêche reconverti en traversier nous y emmène. La ville est complètement du sud, blanche et assoupie sous le soleil. Le marché nous offre tous les beaux produits régionaux: figues, amandes, noix, fruits, légumes, excellents petits fromages. Sur les étals, les poissons enroulent leurs grands corps argentés.

 

 

 
Après trois semaines de ce petit paradis, nous allons pour la première fois, mouiller dans un fleuve. Escapade sur le Guadiana, avant de laisser notre bateau dans une marina, afin de regagner la France pour quelques mois.
Je vous raconterai bientôt l'eau douce, les méandres du fleuve, le bruissement des grands roseaux, et le grand coup de coeur pour cette région.


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