Elephant Vert, escales et rencontres

Trois p'tits tours de voile, et nous voilà!

10:11, 16/09/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Trois p'tits tours de voile, et nous voilà!


Vous êtes prêts? On les largue ces amarres? On les quitte ces Açores de rêve? D'accord. Vendredi 15 août. 9 heures du matin. « Crcrcrcr.... », le mouillage remonte à bord pour quelques jours de mer. Il fait très beau. Tout est bleu, partout, dessus, dessous. C'est toujours une aventure, vous savez, de partir pour plusieurs jours, sans rien voir d'autre que la mer et le ciel. On ne sait pas comment ça va se passer, même si on a bien tout préparé. On ne sait pas sur une aussi longue période, l'humeur de la mer.

Premier quart. Première nuit. Le rythme va reprendre, cette fois- ci, à deux. Ca sera à tour de rôle, 3h de sommeil, 3h de veille, de 10h le soir, au lever du jour. La lune nous accompagnera pendant ces 7 jours, bienveillante, parfois cachée par de gros nuages. La mer sera bleue et belle, tout le temps. Le vent soufflera un agréable et régulier 15 noeuds. Nous verrons encore des oiseaux, des dauphins, des cachalots, des globicéphales et des cargos qui jouent à cache- cache dans la houle. Nous regarderons parfois la moindre vague, toutes les vagues, différentes et semblables. La brillance de la mer en plein midi. Les couleurs changeantes du soir. Je m'amuserai des nuages. Ceux qui nous ont accompagés étaient souvent ronds et jouflus, se faisant, se défaisant. Je cherchai toujours une forme nouvelle.

Au bout du premier jour, le rythme sera bien pris. Nous serons dans notre bulle- bateau, se sentant vraiment très petits et bien peu de chose. Ca sera de nouveau l'écriture, la lecture, montage de films vidéos, d'un clic, mettre en cage mes photos, cuisine, rêveries, discussions, histoire de voir comment on peut refaire le monde! On dort, parfois, des petits sommeils pour rattrapper le manque de la nuit. On pense à tous ceux que nous laissons à terre. Tout ça est à la fois très présent et flou. C'est toujours cette impression que j'ai lorsque j'entame une longue traversée. Et puis tout de même, une grande première: tous les jours je lirai à voix haute un long passage de l'histoire de France!

... Et les jours passent, tranquillement, les uns après les autres. Je me dis que cette fois, ça en est fini des îles. La prochaîne terre, c'est un grand continent, l'Europe. Que de là où je serai, je pourrai aller en Inde, en Russie à pied. Mais je vais juste au Portugal pour le moment. Enfin, j'essaie.... Et les jours défilent au gré de l'eau...Ce soir, le temps a changé, le baromètre baisse peu à peu. La nuit tombe. L'air est assez frais. La lune se lève. Rouge. Vers minuit, nous réduisons le génois et prenons 2 ris dans la grand voile. Au petit matin, nous prenons 1 ris dans l'artimon. Dans la matinée, nous affalons carrément la grand- voile. Dans l'après- midi, nous ne portons plus qu'un bout de foc, l'artimon est lui aussi affalé. Nous marchons encore à 7 noeuds. Les vagues sont hautes, entre 5 et 6 mètres. Certaines déferlent. Le pilote aérien fait parfaitement son travail. Nous, nous sommes bien à l'intèrieur, mettant parfois le nez dehors pour voir si tout va bien. Certaines vagues nous recouvrent complètement. Le vent reste à 35/40noeuds soutenus. Nous sommes au tarvers.

Les miles défilent sur le GPS. Nous surveillons les cargos parfois en sortant dans le cockpit, parfois avec le radar. Plus on approche du Cap StVincent, pointe extême sud- ouest du Portugal, plus les cargos sont nombreux. Il fait nuit, nous voyons bien leurs feux de route. Le vent siffle, vibre dans le gréement. Nous mettons nos grosses vestes de quart, les bonnets et les bottes. On a froid avec ce vent fou. Nous restons maintenant tous les deux dehors, car on approche du cap. On l'aperçoit dans la nuit. Le phare, ah! le phare du Cap St Vincent. Un vrai phare qui porte à 25 miles au large. Nous passons devant. On se croirait sur un escalier roulant. La côte, dans la nuit, défile à toute vitesse. La mer est de moins en moins forte. Arrivent ensuite les feux à éclats rouges du phare de la Pointe Sagrès. Le vent redouble d'énergie. Un voilier nous croise, au près.... Et nous voici arrivés, mouillés dans la baie de Sagrès. Entourée de falaises de chaque coté, une plage au fond. Il est minuit. Nous ne sentons plus le vent. La mer est plate. Nous avançons doucement dans la nuit. Bon mouillage calme. Traversée menée à bon port. Cette impréssion est toujours un grand plaisir. On mange un morceau de pain avec du fromage. A 1h, on s'écroule dans notre couchette.

Quelques heures plus tard, après un bon petit dêjeuner, nous rangeons le bateau, faisons sécher les vêtements de mer. Nous découvrons la baie de Sagrès et ses belles falaises. Le temps est beau, mais un vent frais souffle encore.

Le lendemain, nous renvoyons les voiles et partons jusqu'à Portimao. Le vent souffle un bon 25 noeuds jusqu'à Baleira. Puis ça tombe petit à petit, il commence à faire bon, on peut éplucher les couches de nos vêtements! La côte défile sous nos yeux. De belles falaises, parfois désertes, juste un phare. Et parfois, souvent, trop souvent, couverte d'immeubles de vacances!

Nous arrivons en début d'après- midi dans la baie de Portimao. Et là, pour nous, c'est un choc. Mais ça sera pour la prochaine fois. Et c'est une autre histoire... A très bientôt.


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