Elephant Vert, escales et rencontres

Des vaches et des taureaux, des fumerolles et la fête

15:45, 9/09/2008 .. 3 commentaires .. Lien
Histoire n°2: des vaches et des taureaux, des fumerolles et la fête!

Nous quittons la marina de Angra et partons pour Praia da Victoria, où l'on peut mouiller, enfin, dans une grande baie fermée par des brises- lames. Au fond, se trouve la marina. Nous passons devant Las Islas das Cabras, deux rochers, complètement aplatis sur le dessus. Les vages claquent bien sur la roche lisse et nue. Les flancs sont troués par de belles grottes. Nous doublons le phare au nord- est de l'île. La côte est rocheuse, avec, en bas des rochers, des pêcheurs, et pour leur permettre de descendre, des cordes sont pendues un peu partout!

 

Dans l'après- midi, nous arrivons dans la grande baie de Praia. Nous mouillons notre ancre. Ce n'est pas très joli sur les cotés, car ce sont les endroits réservés au commerce, mais devant nous, la petite marina, les plages et la jolie ville de Praia, serrée autour de ses clochers. Cette marina détient la palme d'or de l'accueil. Même si on reste au mouillage, les employés sont très accueillants et serviables.

 

La petite ville de Praia, si elle est moins « classe » qu'Angra do Heroismo, est largement aussi agréable. Praia a un petit coté « années 6O ». L'ambiance me fait retourner pas mal d'années en arrière! lorsque nous allions en vacances en famille dans la ville d'Hendaye, au Pays Basque. Petites rues pavées, des arbres, des massifs de fleurs, des jolies maisons, un minuscule marché avec « mon » marchand de fruits et légumes tellement sympathique. Ici, tout est en miniature. C'est comme dans les livres d'école que nous avions autrefois pour apprendre à lire: « l'avion vole dans le ciel- le bateau navigue sur l'eau- les vaches broutent dans les prés ». Ici, vous avez tout ça d'un seul coup d'oeil!

 

Nous montons au sommet de la colline qui surplombe la baie, et revenons par les petites routes. Le paysage est totalement différent de ce que nous avons vu jusque là. Des petits champs de maïs partout, jusqu'au bord des falaises au dessus de la mer. Des paturages, et des vaches, et des taureaux qui ruminent! Des chevaux, aussi et des petits ânes gris. Le paysage prend des couleurs sépia, terre de Sienne. Quelques hortensias éclairent les murets de pierres et les vieilles maisons, souvent en ruine. Les figuiers étalent leurs branches, mais les fruits sont malheureusement encore verts, sinon... Ca sent la paille sèche, l'iode, les fruits. J'aime cette campagne de bord de mer. Encore un livre: je pense au « Petit arpent du bon dieu » d'E. Cadwell!

 

Un matin, nous prenons un bus qui va au village de Biscoitos, tout au nord de l'île, là où il y a les seules vignes de l'île, seulement quelques hectares. Nous passons un peu dans la montagne. Vue de plus haut, la côte nord est belle et sauvage, sous un ciel d'un bleu intense. Sur les toits, les cheminées ont une drôle de forme. Les murets en pierre de lave entourent toujours les maisons, dont les portes et fenêtres sont ceinds de basalte gris. Les murs sont d'un blanc cru. Dans les jardins, les bananiers cotoient les figuiers, les hibiscus, les roses trémières, les pétunias bigarrés qui sentent si bon. Des vaches, toujours, encore et partout. Des bidons de lait attendent devant la coopérative.

 

Biscoitos est un petit village tranquille. La poste fait office de bureau du tourisme. La seule employée est très souriante. Nous visitons le minuscule musée du vin, avec sa collection de cépages. Nous dégustons et achetons le vin rare au goût fumé, cultivé dans la lave des volcans.

 

A midi, quoi de mieux que de descendre au bord de la mer, et de manger en plein vent, des sardines grillées avec un bon vin blanc frais, de Biscoitos, bien sûr.
Pour digérer nos sardines, nous partons marcher dans la lande, sur un sentier côtier. Les vignes sont bien sur cloturées de murs de pierre. Le vent souffle, mais il fait un temps magnifique et l'air est doux. La mer claque durement contre les dentelles de pierres en contrebas. Elle étincelle sous le soleil. Le sol est une étendue de lande rousse et ocre. Ca sent bon. De temps en temps, on croise des tamaris torturés et des figuiers croulants sous les fruits encore verts.

 

Un autre jour, nous louons une voiture, afin d'aller nous balader dans l'île. Nous traversons de belles forêts d'eucalyptus, de cèdres majestueux. Les hortensias sont moins nombreux qu'à Faial, et leurs fleurs commencent à fâner. La belle montagne est sauvage. Les bruyères blanches ou violettes recouvrent le sol. Ca sent à plein nez le thym et le romarin. Silence, silence...

 

Des bruits de sabots sur la route; des « aïe, tchak, rochi », en Portugais, s'il vous plait, et voici madame la gardienne des vaches avec son grand troupeau. Quelques routes plus loin, encore un troupeau. Des vaches dodues, noires et blanches de face et de dos.

 

Nous arrivons aux « Furnas d'Enxofre », imprononçable si vous avez déjà entendu la langue portugaise! Nous arrivons au pays de la terre qui fume. Des fumerolles partout, dans les roches couleur du souffre. On approche la main, et ça devient très chaud. Autour, il y a de belles fleurs rose- fushia, des lauriers endémiques aux Açores, des grandes fougères aborescentes.

 

Nous descendons dêjeuner dans le charmant village de Sao Mateus, au bord de la mer, sur le port, dans un délicieux restaurant de poissons et de coquillages bien frais. Sur le port, un pêcheur prépare et vend des appats. Les pêcheurs débarquent le poisson du jour, les touristes se baladent.

 

Nous montons ensuite par des petites routes tortueuses, où il n'y a jamais personne, jusqu'à 1200 mètres. Et la belle caldéra de Santa Barbara s'étale devant nous. La végétation est celle de la montagne: sapins, encore des cèdres. Des napes de brouillard rendent le paysage encore plus mystèrieux. Le sol est spongieux sous nos chaussures.

 

En redescendant, nous voyons au fin fond d'une route de campagne qui mène nulle part, des voitures, des gens, des camions, quelques marchands de saucisses et de fromages, de bières. Ca discute ferme autour des torils, avec en haut des collines, de magnifiques bestioles noires: les fameux taureaux! Nous arrivons en pleine vente des taureaux pour les fameuses « touradas » très populaires. A part nous, point de touristes. Mais on nous explique comment ça se passe. Bien sûr, nous suivons tout le monde, puisque se prépare en fin d'après- midi, dans le petit village de Fournhiras,
une tourada.

 

Recette de « la Tourada a la corda »
Allez dans un champ de taureaux. Vous en prenez quelques uns. C'est facile...

Une fois dans le « toril », vous en choisissez 4. Ca ira pour une tourada. Prenez de préférence les plus gros et les plus grognons.

Vous prenez un village, la foule vous y attend,

Vous choisissez 4 types costauds et jeunes, et une très longue corde,

Vous y attachez un des taureaux que vous avez choisi,

Vous prenez 2 autres types de préférence vifs, en forme et jeunes,qui vont agacer votre taureau à l'aide de parapluies ouverts ou de la vraie « muleta »,

Vous prenez plein de gens courageux,


Parmi, il y en aura toujours des méfiants...

Et tout ça fera une belle fête populaire.

 

Après cette excellente journée, nous rentrons à Praia, car les grandes fêtes de la ville vont commencer. Elles durent une semaine et c'est fantastique. Nous déambulerons entre les stands de spécialités culinaires portugaises. Nous écouterons du fado, des fanfares, du jazz, du rock( concert sympa improvisé sur la plage), du flamenco, de la musique cubaine. Nous verrons défiler sur des chars, l'histoire du Portugal en sons et images humains. Plusieurs touradas, bien sûr, dont une sur la plage. Nous verrons des groupes folkloriques de différents pays. Les bateaux de pêche feront une procession le dimanche. Les vendeurs de barbes-à-papa filent le sucre à toute vitesse. Ca sent le maïs sucré chaud. La foule est dans les rues, sur les places. Tout le monde est joyeux et décontracté. J'ai remarqué qu'il n'y avait aucun service d'ordre! Le tout, couronné à la fin par un magnifique feu d'artifice musical.

 

Nous allons bientôt quitter la petite île de Terceira et la bonne ville de Praia. Nous avons adoré cet endroit, l'extrême gentillesse des habitants, leur savoir- vivre, leur douceur de vivre. Nous n'oublierons jamais ces morceaux de terre en plein atlantique. Belles Açores, merci, et en vous quittant, il y a sûrement un peu de « saudade » à bord...

Nous partons rejoindre le continent portugais, tout au sud. Un semaine de mer et nous y serons. Je vous y donne rendez- vous...

Réponse au commentaire anoyme et sans adresse!

Je vous conseille d' aller à Terceira pour y laiser votre bateau. Il y a 1 an, ce n'était vraiment pas cher, aucun problème de sécurité ou autre. Les gens sont particulièrement acceuillants et TRES gentils.

Marina Praia de Vittoria sur l'lle de Terceira:

Prix pour un bateau de 14,50M: 6,50 euros par jour

Un mois: 185,25 euros

A terre: pour la même taille

65 euros  par mois élec et eau comprises. 


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INFOS SUR PRAIA DA VITORIA SUR TERCEIRA

17:16, 14/06/2009 .. Publié par SODRIC
Bonjour,
vous avez adoré Terceira l'été dernier, avez-vous des infos sur la marina, est-il possible d'y hiverner un voilier de 12m à terre?
Merci beaucoup,
Isabelle et jean-pierre , voilier Allures 40

Reponse a SODRIC

05:49, 15/06/2009 .. Publié par Anonymous
Je n'ai pas votre adresse mail, mais bien sur, il y a un chantier et marina a Terceira, a Praia da Vittoria bien et VRAIMENT PAS CHER. Laissez moi votre mail pour plus de details
Dominique de l'Elephant Vert

marina à terceira

09:12, 20/10/2009 .. Publié par Anonyme
bonjour,

félicitations pour votre blog ..

Je suis aussi très intéressé par la marina de Terceira pour y laisser un bateau 2 mois d'été.

Terceira ou Horta ?

Quel est votre avis

cordialement

JF Velly

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