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A Petits pas d'Eléphant...
04:09, 9/07/2008
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Les pleins de gasoil et d´eau sont faits. Nous partons traverser l´Atlantique: prochain arrêt, les Açores.
... et cette ballade de Jacques Higelin qui me trotte dans la tête: « dididi,lala,di,la,lalala doux tout doucement, je me balance, tout abandonné aux caprices des vents... » Et moi, je viens vous dire, les bras chargés de couchers et de levers de soleil de couleurs excentriques, d'étoiles, de nuages, de mer, de formes phosphorescentes insaisissables... Et la ballade continue dans ma tête: « mmmm, lalala, doux tout doucement, voici l'aube qui pointe... Doux tout doucement, le soleil fait un signe. Il viendra bientôt réchauffer les flots... » Oh! Le ciel devient incandescent, sous les nuages encore pleins de la nuit... « la la dilalaladi... Doux tout doucement je me balance, tout abandonné aux caprices des flots, les yeux grands ouverts, je sombre dans l'enfance...lalali...mmmm »
Et je me dis que la mer respire. Rondeur de la grande houle, dos rond du chat. C'est pendant un de mes quarts, juste au petit matin où tout va reprendre son éveil, où la mer va devenir l'absolu, un tout, et nous avec notre bateau, petits et fragiles!
Ca sera les quarts de nuit, le sommeil bercé par l'eau qui s'enfuit le long de la coque. Ca sera les réveils- café, les réveils- chocolat, les réveils- cargos, les réveils- matins. Et souvent nous verrons nos petits compagnons- oiseaux, des pufins, restés près de nous à faire des glissades et des plongeons dans les vagues.
Ca sera affaler les voiles, réduire les voiles, régler les voiles. Il y aura le temps de faire la cuisine, faire la vaisselle. De temps en temps, notre passager clandestin viendra nous rendre visite. On l'appelle Gudule. C'est une toute petite araignée ronde et dodue. Et puis viendra le temps de lire, d'écrire, de bricoler. Viendra ensuite le temps de regarder la mer. De rêver aussi. De penser aux gens que l'on aime. Nous jouerons même aux dominos américains. la fin du jeu sera baclée, pour cause de gite sèrieuse!
Nous verrons beaucoup de cargos lors de cette traversée. Un grand moment, lorsqu'on voit pointer derrière nous, un bout de mat. Et oui, un voilier!!! Nous sommes à plus de 1000MN de toutes terres! Et pourtant, « Bicho do Vento » viendra nous saluer, après nous avoir accompagnés la nuit précédente. Marin solitaire, Brésilien, nous nous retrouverons dans plusieurs jours à Faïal, afn d'échanger les photos!
Il y aura de grands calmes, trop souvent! et aussi des moments « de grâce », où le bateau marche tranquillement, sur une mer magnifique. Il y aura des ciels gris et noirs. Des ciels rose, parmes, des ciels arc-en ciel. Il y aura la lune.
Il y aura des jours où je me poserai la question à savoir si j'ai acheté assez à manger, si nous aurons assez d'eau, à cause de tous les grands calmes que nous traversons. Mais heureusement, il y aura de beaux poissons pêchés pendant le voyage.
Il y aura les fameux matins où elles viendront assez près du bateau. Elles, les baleines. Enormes, puissantes et magiques. Leur souffle ici, puis là, s'élevant au- dessus de l'océan. Leur grand corps souverain et magnifique, fluide tout de même dans l'élément liquide.
Il y aura le temps de tracer notre route sur la grande carte marine. Je ne pourrai pas m' empêcher de penser: « A quel moment de la journée ou de la nuit va-t-on arriver aux Açores? Lequel d'entre nous verra le premier la terre, après tant de jours de mer.
Et bien c'est moi, après 28 jours de mer, qui aie vu la terre la première. Le dimanche 6 juillet, à 1h. du matin, alors que je prenais mon quart, j'ai vu la terre. Enfin, tout au fond de la nuit, un halo. J'ai pris mes jumelles, et j'ai vu des lumières. La nuit était noire, il faisait froid, et le bateau avançait bien. Nous étions à 30MN. Et au petit matin, voilà ce que nous avons vu. Emotion, après un mois de mer.
On se retrouve dans quelques jours? Je vous donne rendez- vous à HORTA, sur l'île de Faial, chez Peter, le bistro mythique des Açores. A très bientôt autour d'un café!
Langage ésotérique du marin, à méditer: Pour prendre un ris dans la grand- voile: Peser la balancine, choquer légèrement l'écoute. Libérer la drisse pour pouvoir amener le point d'amure sur le croc du vit de mulet. Reprendre et étarquer la bosse de ris. Mollir la balancine, border l'écoute. Frapper une bosse d'empointure. Puis rabanter la voile avec les garcettes. Après tout, c'est facile quand on vous demande d'enlever un peu de toile!!!
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