Elephant Vert, escales et rencontres

D'île en île, les Antilles du nord.

02:21, 21/02/2008 .. 0 commentaires .. Lien

D'île en île, les Antilles du nord.


 


Saint Martin, Saint Barthélémy, et plus...

Nous sommes rentrés dans le lagon, car comme toujours, le mouillage de Simpson Bay est très rouleur, même par temps calme. Et nous avons retrouvé Saint- Martin, le centre très mignon de la petite ville de Marigot, coté français. Nous avons retrouvé l'ambiance que l'on peut ressentir, parfois, souvent, sur cette île. Ce matin tôt, un jeune type au teint blafard et gris, est affalé sur une chaise à la terrasse d'un bar minable. Il venait de se faire casser la figure. Son tee- shirt est plein de sang. Plus loin, un jeune drogué, ou craqué... C'est triste, le matin tôt. Au bout de la rue, nous rencontrons un enterrement Haïtien. Les femmes sont habillées en blanc, les hommes en noir. En trois rangées, ces femmes et ces hommes suivent en silence le corbillard.

Dans les rues principales de Marigot, les marques de luxe s'affichent: un grand mur blanc crépi à l'enseigne « Hermès », sert de grattoir aux dos d'un troupeau de chèvres... Les ponts s'ouvrent du lagon vers la mer.


Bientôt, vers midi, les bistrots autour du port, vont se remplir de gens branchés, de touristes, de gens « qui cherchent », qui « vendent ». Les garçons de café rabattent la clientèle potentielle en ventant les menus du jour.

Les pays se mélangent, les consonnances de langues différentes s'entendent: créole, latino, français, hollandais, américain.

Trois gros avions viennent de décoller. Des grands yatchs luxueux se mettent à quai. Le soleil brille, l'alizé se lève. Au loin, la mer est bleue.

 

 

 

Il est bientôt midi. L'île Fourche, minérale, est par notre travers. Les rochers sont ocres et gris. Un peu plus loin, Saint Barthélémy, apparaît, brumeuse et escarpée. Il fait très beau, il y a peu de vent. Dans le bateau, ça sent bon le pain qui cuit. Sur le coté tribord, j'aperçois les silhouettes lointaines de Saba, Saint Kitts et Statia. Quels drôles de noms!

 

Les bars de la « ville » principale, Gustavia, s'appèllent « Le Sélect » ou « Le bar de l'oubli ». Les tables sont décorées de candélabres géants et baroques. Les chaises ont des inclusions de plumes roses. J'ai vu une petite librairie- journaux- salon de lecture. J'ai entendu quelques notes de piano, dans une case toute de guinguoi, en bardeaux de bois, enfouillie dans la végétation tropicale.

 

 

Nos guides- copains, Jaqueline et Ferdi, nous attendent à terre. On leur a prêté une voiture, et nous allons déambuler dans toute l'île. Les routes sont étroites, bordées d'adorables murets de pierres. Les paysages sont propres, fleuris, sauvages, coté au vent. J'ai adoré la maison toute en bois du danseur Nouréev, plantée sur un pic rocheux, dans la lande presque irlandaise.

 

 

 

 

Les petites plages sont de formes parfaites. L'eau est bleue, bien sûr, et transparente. Partout, les bistrots sont sympas et souvent les pris sont abordables pour cet île riche.


Le gros problème de Saint Barth, c'est que le mouillage est terriblement rouleur. Le lendemain, fatigués de rouler bord sur bord, nous sommes rentrés dans le petit port de Gustavia. Hors saison, les prix ne nous assoment pas. Nous avons pu continuer la visite complète de Gustavia sans inquiétude pour le bateau. Nous avons visité le musée de la ville, la station météo, malheureusement fermée ce jour- là. Le chemin qui nous y mène est vraiment adorable, et la vue, une fois là- haut, magnifique.


 

 

 

 

Nous avons quitté Saint Barth ce matin à 6h. Le Nord est très gris avec des orages. Nous avons un peu de vent entre St Kitts et Statia. A la fin de la journée, nous voici au nord de Nevis. Nous avons mouillé devant une belle plage aux cocotiers dorés par le coucher de soleil.

Nous passons le sud de Névis, puis le rocher de Redonda. Ensuite, nous passons sous le vent de Montserrat. Le volcan, La Soufrière, est en activité depuis 1997. Il est toujours vivant, bien vivant, puisque en 1997 il a envaahit de ses cendres brûlante tout le sud de l'île, et détruit la capitale de l'île, Plymouth. Il y a quelques années, nous sommes passés au vent de l'île. C'était la nuit, après un gros grain de pluie et de vent. Lorsque tout fût fini, nous sommes sortis, et avons vu le volcan cracher des cendres incandescentes. Des rivières de feux descendaient les flancs du volcan pour finir dans la mer. C'était fascinant et angoissant. Nous étions tellement pris par un tel événement que nous n'avons pris ni photos ni films! Juste regarder. Cette fois, sous le vent, tout est gris, triste et solitaire. Pas de pêcheurs sur la mer, rien ne bouge sur l'île ni dans la capitale enterrée. Le volcan fume encore. Ca sent le soufre, l'oeuf pourri.

 

 

 

Nous sommes à 9milles nautiques de Deshaie, tout au nord de la Guadeloupe. La lumière est forte et banche. Un bel orage nous est passé tout à coté. Des éclairs dans un ciel d'encre.

 

 

 

Il fait chaud et humide. Le paysage dégouline de verdure. Des nuages très noirs rasent les mornes ronds. Les fous de Bassan et les pélicans plongent dans l'eau. Ca grouille de gros et petits poissons. Attraperont? Attraperont pas? Quelle vie! Des têtes et des dos de tortues apparaissent pour disparaître très vite. Les cloches de la petite église sonnent des heures, et plus encore.

Les cases sont de toutes les couleurs. Et du vert, du vert partout. Le matin, le chant du coq remplace celui des grenouilles le soir. Des papillons aux belles couleurs volettent dans tous les sens. Tout ça, ça se passe à Deshaie, petit village ravissant.

 


 

 

 

Nous faisons de belles marche dans la forêt. Les fleurs des Héliconias très hauts tombent sur leurs tiges, les arbres sont hauts, si hauts. De gros manguiers croulent sous les fruits. A travers les arbres, le soleil tape très fort. Les colibris butinent ici etlà, et nous laissent voir le nacré de leurs plumes. Nous passons près du jardin botanique, ex- propriété de Coluche.

 

 

 

Après quelques jours agréables passés en Guadeloupe, nous reprenons la route. Ce matin, le vent et la mer sont nerveux dans le canal des Saintes. Nous allons d'une traite jusqu'en Martinique. Le temps se couvre sur les grandes montagnes de l'île de la Dominique.

 

Ce soir, nous sommes mouillés devant la ville historique de St Pierre, en Martinique. La Montagne Pelée est majestueuse. Les champs de cannes ondulent doucement au vent.


Je vous retrouve très bientôt. Le départ de Martinique approche. Nous préparons le prochain grand voyage, et il y a beaucoup de travail. Bien sûr, je vous raconterai tout. Mais j'ai encore d'autres histoires dans mes carnets. A très vite!

 

 

 


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