De Mochima aux Aves, au Venezuela
DE MOCHIMA A TORTUGA
Voici une heure que nous sommes sortis des "Rias" de Mochima. La lumière du petit matin est très belle, et c'est enfin le calme. TOUTE la nuit, il y a eu de la musique. Forte, enfin, trop forte. A 5 h ce matin, la musique se mélangeait aux chants des coqs! Ce village enserré de montagnes, ne connait il donc jamais le repos? J'ai tout de même adoré la dernière chanson que j'ai pu entendre: "Ciao bella!"; peut-être un vieux truc latino, ou italien, avec de sacrés trémolos dans la voix cassée de l'interprète. Nous sommes en mer, et derrière nous, les montagnes sont rouges, complètement. Peu à peu, la brume de chaleur atténuera les couleurs, et nous ne verons plus que des plans de montagnes allant du gris foncé au gris le plus clair.
La mer devant nous est lisse, et il nous faudra mettre le moteur afin d'avancer. Le vent est complètement absent de la balade, comme souvent dans ces eaux là l'été. Histoire de politesse: les dauphins sont venus nous dire au revoir. Ils sont dix, vingt, trente... Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que ça souffle, ça saute, ça siffle. Et nous, toujours émerveillés, nous restons à l'étrave à les regarder, à les écouter.
UNE PARTIE DE PECHE SUR ELEPHANT VERT.
Ne me dîtes pas que les poissons ont faim vers midi, midi et demi. Et bien si! Nous avons souvent pêché à ce moment- là.
Jusque là, cet été, la pêche n'a pas été fabuleuse. Des poissons perdus ou ratés, les lignes de traînes pas à poste, parce que à la voile, ce n'est pas pratique... Et blablabla...
Aujourd'hui, il y a les deux lignes de traîne depuis ce matin 6h, nous marchons au moteur, toutes les BONNES conditions sont réunies.
Il est midi. Nous dégustons nos bières glacées, sur le pont. Il fait 34°.
Moi: « C'est curieux, normalement c' est vers midi que l'on prend du poisson. »
Fred: « Mmmm »
Nous buvons notre bière, et quoi de plus délicieux que la première gorgée! Le temps du repas arrive. Du pâté de canard sur une tranche de pain, le pain étant fait à bord, une salade de tomates/maïs/carottes, le tout bien frais... Mentalement, je me dis: « Bon, ce soir, que va-t-on manger? Omelette? Riz? Conserves? Ou SI il y a quelques pêcheurs à Tortuga, SI ils viennent nous proposer quelques poissons, ou des langoustes... Contre quelques bolivars, ou du rhum, ou des cigarettes...? A voir. »
« Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz » Ca c'est le bruit que fait une ligne de traîne quand un poisson a mordu. Et je ne sais pas si vous connaissez ce bruit, mais pour moi, il est très doux, plein de promesses, car je SAIS ce que l'on va manger ce soir! Pour Fred, c'est aussi un doux bruit, il aime la pêche.
L'affaire fut faite en 10 minutes. On relève, au bout de la traîne, une belle dorade coryphène . Le crochet à poissons et le couteau sont prêts. Et oui, chères âmes sensibles... L'appareil photos est là, juste pour que vous voyez bien, et voilà, le tour est joué. La bestiole est à bord. Je rince le
Ah, me direz- vous, et dans l'action, qu'est devenue la salade que vous étiez entrain de manger? Et bien, elle était rangée et calée dans la cuisine, sur des sets de table anti- dérapants. Un bateau, ça bouge...
Il est 15 h. Un peu de vent arrive. Nous avons arrêté le moteur. Nous marchons au près bon plein, allure royale sur mer plate. Trois heures plus tard, nous arrivons dans le mouillage de l'île de Tortuga: Playa Caldéra. Au fur et à mesure de la soirée, les couleurs changent. La plage est rose, puis prend la douce couleur mauve qu' ont les lilas au printemps. Le sable est nacré. Puis le ciel se barde de grandes zébrures roses, orange vif et grises. Un nuage d'orage s'élève: gris sourd. Derrière lui, le coucher de soleil teinte le ciel de couleurs extravagantes. Les sternes ont un cri strident et volent aile dans aile. La soirée sera douce. poisson vidé, et hop, dans le réfrigérateur. Le pont est lavé du sang et des écailles, et oui, chères âmes sensibles. Et dans ma tête, je me dis: » Ce soir: grillé, demain, au four, après demain tarte au poisson... » Fred range l'autre ligne. Nous verrons un autre jour, lorsque nous aurons faim!
TORTUGA: PLAYA CALDERA.
Le chaudron? Le cratère? Oh oui, sûrement. Nous marchons sur la grande plage, et l'air est surchauffé. Sur l' île, le moindre brin d'herbe ou de bois semble calciné par tant de chaleur.Plein de minuscules lézards noirs circulent en laissant de jolis dessins de leurs pas zigzaguants. La superbe et longue plage est difficile à regarder sans lunettes de soleil, tellement le sable est blanc. A ses pieds: l'eau. L'eau transparente, l'eau turquoise. L'eau profonde. L'eau rafraîchissante même si elle est à 29°. Et nous y plongerons avec bonheur...
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LOS AVES: LES OISEAUX EN ESPAGNOL.
... Et nous quittons l'île de la Tortuga. Nous sommes en mer, toujours en vue de l'île. Il fait vraiment très chaud et il n'y a pas un souffle de vent. Allons- nous faire au moteur, les 110MN qui nous séparent des îles Aves? Non, impossible. Le ciel est couvert, laiteux. L'après- midi va se dissoudre dans le temps, avec pour bruit de fond, le
Ca y est, cette fois, le vent est « rentré ». Nous avons arrêté le moteur, et nous marchons sous voiles, confortablement, travers/grand largue, sur une mer belle. Le soleil se couche, et au loin, d'énormes poissons sautent hors de l'eau en faisant de grandes gerbes. Sûrement chassent- ils. Le ciel devient rouge, en profite pour roser et nacrer les voiles. C'est beau. La lune se lève. Cette nuit elle est complètement pleine. Ca sera notre compagne, blanche, ronde, éclatante et bienveillante.
... La nuit est terminée, avec son cortège de quarts de veilles. Un cargo seulement, très loin, nous a croisé. Nous avons vu les phares des îles des Roques. C'est toujours un instant magique, les phares, même à l'heure du GPS. On les aperçoit sur l'horizon, on compte les éclats, et on sait que c'est tel phare. On regarde sur la carte. C'est bon, on longe bien l'archipel. Il faut être attentifs, car les îles sont très basses, et les récifs dangereux.
Le soleil commence à montrer ses rayons, et le vent force. Nous sommes maintenant vent- arrière, et mettons les voiles « en ciseau ». C'est à dire, génois tangonné d'un coté, et grand- voile de l'autre. Les AVES sont maintenant à ronronnement du moteur... Seuls les deux baracudas pêchés vont nous réveiller de notre torpeur! Mais Fred connait un « truc » pour faire venir le vent: gratter doucement le mat ou le pont, car siffler n'est pas bon: trop de vent arrive, voire la tempête!!!!.Grattons, grattons, pourquoi pas, en tous les cas, ça ne fait pas de mal! Vous ne me croirez pas, mais quelques instants plus tard, la mer se ride, et les pavillons qui pendaient lamentablement, semblent avoir quelques véléité d'envol! Ben oui, il y a des astuces comme ça, de vieille marine! 30MN, il est 9h, nous y serons en début d'après- midi, si nous maintenons notre vitesse. Nous allons devoir empanner. La mer est plus chahuteuse, plus blanche. Nous empannons doucement, et CRAC, la grand- voile se déchire tout du long, en dessous du 2ème ris. Ca fait toujours mal lorsqu'une voile souffre, mais celle- ci est bien vieille, et une nouvelle nous attend chez le voilier, en Martinique. Nous affalons, et restons seulement sous génois et artimon. Le vent est repassé grand- largue, et nous continuons notre chemin à 6noeuds de vitesse.
... Je plisse les yeux, et la- bas, très loin, mais vraiment très loin, j'aperçois quelque chose qui ressemblerait à une terre, minuscule et très basse... Magique magique cet instant là. De plus, nous sommes deux à voir la même chose. Pas de doute, ce sont les AVES.
Nous sommes impatients d'arriver. Nous allons les découvrir, mais la navigation à voile est un jeu de patience... La terre se rapproche, près, de plus en plus près. Et le vent faiblit, mais la côte se dessine de plus en plus précisément. Une longue ligne verte, des arbres qui
Nos yeux sont assaillis par un bleu turquoise intense, une fois que nous tournons la pointe. Quelques bateaux sont à l'ancre, devant un paysage sublime, désert et sauvage. Pendant tout le temps que nous resterons là, nos seuls compagnons seront les oiseaux. Des centaines d'oiseaux. Des fous de Bassan en majorité. Des échassiers, quelques grandes frégates et de rares pélicans. Tout cela traverse le ciel bleu, se juche en haut des arbres, au milieu des palétuviers. Et dans un concert de cris divers, ils se font la cour, construisent des nids, couvent des oeufs, nourrissent les petits, vont pêcher, se disputent... Et nous regarderons le grand spectacle de la nature, fascinés. dépassent, un phare sur une langue de sable très blanc. Mhmhmh, ça sent bon la « terra incognita ».
 
Comme bruit, nous n'aurons que celui du vent et celui des grandes vagues qui claquent sur le récif. Celles- ci en roulant, emportent parfois des bancs de poissons dans leur écume bleutée. Comme couleurs, nous n'aurons que du bleu, du plus transparent au plus sombre, en passant par toute la gamme. Comme loisirs, nous irons voir les poissons aux milles couleurs. Nous marcherons le long des mangroves afin d'épier et de prendre des centaines de photos d'oiseaux. Nous caresserons les galets de corail, si blancs, si beaux.
Nous irons nous balader sur une mini- îl e, au large du mouillage. Nous en ferons le tour complet. Avec Marie- Jo, suivie de son chien Réglisse, nous ramasserons des tas de coquillages, allant de rochers en plages, en toute liberté.
Nous rajouterons le nom de notre bateau au petit emplacement réservé aux gens qui sont passés sur ces terre du bout du monde. Certains ont fait de beaux dessins, d'autres un décor surréaliste et naturel. Nous verrons une raie majestueuse près du bord de la plage. Plus tard, sur une autre île, nous verrons une raie manta, presque sur la plage. Un crabe rouge, vert et bleu se terrera dans un trou d 'eau en nous voyant arriver. Au loin, dans la mer striée de bleus, une petite tortue plongera tranquillement. Nous verrons aussi, un matin, les traces d'une tortue luth, sur la petite plage de sable, ainsi que l'emplacement de plusieurs de ses nids, les faux et le vrai.
Le phare de l' île ne marche pas. Fred et Bernard grimperont en haut du pylône en espérant pouvoir faire quelque chose. Peine perdue, c'est le panneau solaire qui est fichu.
Nous faisons également pas mal de cuisine sur les bateaux: crêpes à la crème de marrons ou au chocolat de Bernard, ou la soupe de poissons de Fred. Je vous donne la recette, comme si c'était VOUS qui aviez pêché les poissons, dans des îles doucement ensoleillées et saturées de bleu... Sinon, et bien allez chez le poissonnier.
Dans une grande cocotte, faire bouillir 2 litres d'eau assaisonnés de poivre, de sel. Ajouter 3 piments de Cayenne, une cuillère à soupe de curry, du piment d' Espelette ( et oui!!), 2 échalotes coupées en petits morceaux, 3 gousses d'ail pressées, 2 feuilles de laurier ou de bois d' Inde. Ajouter du vin blanc et de la tomate fraîche ou en boite.
Mettre ensuite les têtes et les queues de poissons. Si vous avez quelques crustacés, à savoir: petits crabes, têtes et carapaces de langoustes, calamars, les ajouter.
Laisser cuire tout cela quelque temps que ça prenne le goût. Puis, ajouter les morceaux des différents poissons, pêchés ou achetés. Vous les couperez grossièrement. Vous en réserverez quelques morceaux, et les mettrez de coté. Laissez cuire le contenu de la cocotte le plus de temps possible, environ une bonne heure. Passez ensuite le tout à la moulinette. Filtrez grossièrement.Tout remettre à cuire en ajoutant dans la soupe les morceaux de poissons que vous avez réservés. Lorsqu'ils sont cuits, servez votre soupe. N'oubliez pas le fromage râpé, les croûtons aillés, la rouille et l'ailloli.Servir avec un petit vin blanc très frais, par exemple, de l'Altagracia ( vin Venezuelien), ou un Santa Héléna ( vin Chilien). Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un très bon appétit!
 
Nous repartons, et laissons ce tracé d' îles derrière nous. Nous n'avons presque plus d' eau douce, plus de fruits et de légumes. Salut à vous, tous les oiseaux, les poissons. Les plages, les vagues... CIAO... CIAo, CIao, Ciao, ciao......................
Trois petites voiles, et l'Eléphant s' en va... Je vous donne rendez- vous très bientôt . Je vous raconterai les Roquès et les fabuleux oiseaux de Carénéro.
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belle balade, belle pêche!
04:16, 9/11/2007
.. Publié par chantal champagne
Et le voyage continu, on a envie d'y être. En plus c'est pratique y'a même une recette aléchante;-)
Bizzzz
amitiés de j6kcf
02:34, 10/11/2007
.. Publié par kcf
Sympa et cela rappelle quelques moment bien agréable, comptent de vous lire
Commentaire sans titre
02:36, 23/11/2007
.. Publié par Anonymous
ce sont bien les bateaux que l'on appelle les inséparables ?
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