Balade au Venezuela

BALADE AU VENEZUELA, ENTRE MARGARITA ET CUMANA.
Comme je n'ai pas envie d'écrire des lettres circulaires, mais que j'ai tout de même envie de raconter, de dessiner, de photographier mes voyages, j'ai pensé que je pourrai faire tout ça à travers un blog. Alors si ça vous dit, lisez moi pour partager ces moments de découvertes, de vieux rêves. De tous ces moments piqués sur le vif, qui à chaque fois étonnent et donnent envie d'aller plus loin. Toujours.
Comme le moment des cyclones arrivait, nous avons quitté la Martinique. En effet, deux jours après notre départ, le cyclone Dean traversait l' île, en laissant pas mal de dégâts derrière lui. Saison détestable, où le pire peut arriver à tous moments. Nous, nous étions arrivés sur les petites îles des Testigos, premiers morceaux de terre venezuelienne. Nous avons changé plusieurs fois de mouillages afin de suivre la rotation du vent. même si ce n' était pas toujours très confortable, nous n'avons eu aucun problème.
Le mauvais temps passé, l' Eléphant et nous avons continué le voyage, en passant par l' île « immeubles » qu'est Margarita, l'île déserte qui nous attire comme un aimant, la Blanquilla. Mais le mauvais temps s'amuse avec nous, et Félix, tempête tropicale, montre le bout de son nez. D'après les données météo, Félix doit passer près de nous, trop près à notre goût. Après un apéritif très agréable sur un bateau ami, à minuit, nous voici entrain d'envoyer les voiles. Nous sommes 6 bateaux dans le mouillage, 18 heures plus tard, nous arriverons tous les six sur le continent vénézuélien, à Mochima, dédale de baies, d' anses secrètes, d'îles et îlots, le tout enrobé de vert et enrubanné du bleu de la mer.
Le lendemain, à quelques heures de navigation, nous partons voir si l'endroit étonnant appelé Laguna Grande, est toujours aussi étonnant, aussi rouge. Oui, oui, c' est toujours beau. Les montagnes sont rouges sang, et on entre par une faille moyennement étroite. Devant nous , le site somptueux de Laguna Grande. Suivant la lumière, les couleurs des montagnes sont tour à tour rouges, ocres, sienne, marron. Un ourlet de verdure les souligne parfaitement. Où poser les yeux sur tant de beauté? La nuit viendra brusquement, comme toujours sous les tropiques. Le ciel du mois d'août ou septembre affiche complet en ce qui concerne les étoiles, le savez- vous? Le silence est total. Ah non, seulement le hululement de deux hiboux accompagnera la soirée, vierge de lumières et de bruits. Le plan d'eau est tellement calme, qu' aucun clapotis ne viendra caresser la coque de l' Elépant. Moments magiques où l'on retient sa respiration... Le lendemain matin, sur les rochers à deux pas de nous, un couple d' aigles va se réveiller, étendre leurs ailes au soleil, et s'envoler dans le pourpre minéral.
Après ces moments de réconciliation avec « tout »!, nous traversons le golfe de Carriaco, et allons dans la grande ville de
Nous faisons un beau marché pour quelques bolivars seulement, en terminant par l'achat de belles sardines d'un argent vif et brillant. Cumana. A peine arrivés dans la marina, les amarres attachées, nous partons pour le superbe marché de la ville. Le bus poussif et brinquebalant est bondé comme toujours. Contraste avec Laguna Grande, car dans la ville, sur le marché, c' est la foule, le bruit, la musique, les voitures qui claxonnent. Le soleil est brûlant et la lumière de midi écrase la ville. Mais c'est tout de même fantastique de vie, une ville sud- américaine. Des fruits, des montagnes de fruits: goyaves, maracujas, bananes, pastèques, et je rêve, même des FRAISES, venues des montagnes de la lointaine cordillère. Le vert des salades cotoie le vert des courgettes , les oignons sucrés s' étalent à coté des pommes de terre brunes. Un marchand d' oiseaux vante la beauté de ses deux toucans, malheureusement enfermés dans leur cage étroites. J'ai envie d'ouvrir toutes les cages...
Après avoir bu avec bonheur une bière glacée sous une tonnelle d' une fraîcheur revigorante, nous partons visiter une « tabaqueria », ou si vous préférez, une fabrique de cigares. Marie- Jo et Bernard du bateau « Taille la Zone » nous accompagnent. Nous traversons le grand parc de la vieille ville. Les arbres ont des racines comme des pattes d'éléphants, surtout un énorme fromager. Les cocotiers s' élancent à l'assaut d'un ciel sans nuage, et ici, les palmiers sont royaux. Le fleuve marron traverse le jardin. Deux ou trois gros iguanes grimpent lestement dans les arbres et changent de couleurs. Le soleil nous fait des clins d'oeil à travers les feuilles des grand arbres, là haut, tout là haut dans le ciel.
Dans les rues, ça sent l'huile chaude où cuisent les « empenadas », beignets fourrés de viande ou de légumes.Les trottoirs sont encombrés par des marchands « de tout ». La musique crie dans les hauts- parleurs, les gens s'interpellent. Attention touristes à vos sacs, à vos caméras ou appareils photos. Un monsieur me montre sa carte de policier. Je doute qu' elle soit vraie! Marie- Jo s' achète un jus de canne à sucre glacé, avec plein de quartiers de citrons verts. C'est acidulé et sucré à la fois.
La première fabrique de cigares que nous visitons est tout de même importante, avec quelques 30 employés, principalement des femmes.
L' atelier est assez bien aéré, avec les petites tables de chaque « rouleuse ». Devant elles des paquets de feuilles différentes triées, qu' elles plient, déchirent et roulent avec une dextérité impressionnante. Les cigares ne sont fermés par les bouts que plus tard lorsque l'ouvrier spécialisé aura mis la dernière feuille très fine, la « cape ». Plus loin, les femmes trient et dénervurent les grandes feuilles de tabac marron, rousses, terre ombrée, ocre rouge. Ca sent le tabac à plein nez. Des serres en bois servent à donner la forme oblongue et régulière du cigare.
Les ouvriers gagnent environ 450.000 bolivars par mois, ce qui équivaut à environ 100 euros, pour 9 heures de travail par jour. Pour le niveau de vie du pays, cela est égal à un petit smic en France. Nous quittons la « Cumanesa » en même temps que la rue au nom délicieux de « calle Carabobo ».
Nous avons cherché l'autre fabrique, la «Don Quijote ». Nous avons tourné et retourné dans les rues, demandé notre chemin une dizaine de fois. On nous dit, tous sourires dehors « par aqui, la secunda, a la derecha... » Et nous allons, revenons, repassons... Et ce sont encore des sourires, des « amigos » en veux- tu- en voilà! Enfin, au coin d'une rue, tout un groupe de gens, plus une voiture de police qui passait par là, nous indiquent la fameuse « tabaqueria ». Un gentil monsieur nous accompagne même jusqu' à la porte minuscule, fermée par des grilles., dans une rue déserte aux maisons basses, aux couleurs crues. Coté ombre, c'est frais. Coté soleil, aie, c'est chaud.
Une petite dame d'un certain âge vient nous ouvrir, les mains tâchées de teinture de tabac. Elle nous fait de grands sourires et nous entrons... dans sa maison- atelier « Don Quijote ». Nous traversons des pièces minuscules encombrées de caisses en carton, de piles de feuilles de tabac. Ca sent le tabac. La petite dame travaille avec son fils et sa belle- fille.. Dans une pièce fermée, les feuilles fermentent. Lorsque José ouvrira la porte il semble que l'on a fumé d'un coup une dizaine de cigares! C'est très vite irrespirable. Odeurs de tabac sec, chaud ou humide, au choix. Des cigares sont empilés les uns sur les autres, impeccablement roulés. Bernard et Fred héritent chacun d'un corona, c'est- à- dire d'un cigare d'une taille correcte. Nos hôtes sont sympathiques et ravis de notre visite. Le petit garçon du jeune couple joue avec un énorme « spider man » en tissu, coincé entre l'évier de la cuisine et un tas de feuilles de tabac plus haut que lui.
Nous retrouvons la rue, la foule, la lumière aveuglante et la chaleur, le nez rempli de l'odeur âcre du tabac
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C'est bien
12:53, 21/09/2007
.. Publié par Anonymous
Pour ton premier blog, pas mal du tout. On attend les autres articles
Encore...
09:58, 29/09/2007
.. Publié par Anonymous
Envoie nous encore des histoires... c'est toujours très agréable de te lire. J'attends également avec impatience d'autres photos pour réparer nos futurs voyages.
Fred s'est remis a fumer alors?
A bientôt.
François
On s'y croirait
03:50, 30/09/2007
.. Publié par Anonymous
C'est tellement bien conté que j'ai l'impression de vous avoir accompagné dans vos visites. On en redemande. A bientôt
Christophe (depuis Liège, B)
Commentaire sans titre
05:13, 1/10/2007
.. Publié par chantal champagne
Beau récit, belle aventure, merci Domi de nous faire voyager!
Quel réveille ce matin!
01:58, 3/01/2008
.. Publié par Annick74
J'ai bien fait d'écouter France-Inter, je viens de vous connaître, ça été un grand plaisir, j'ai dans ma tête un voyage en bateau du côté de chez vous, alors votre expérience m'intéresse beaucoup. Je reviendrai vous visiter, c'est sûr, en attendant je vous souhaite bon vent!
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